Eglises d'Asie

Luxmibazar : une communauté catholique de Dacca célèbre 60 confirmations

Publié le 17/09/2019




La communauté catholique du quartier de Luxmibazar, en banlieue sud de Dacca, a célébré la confirmation de 60 paroissiens, dont une trentaine d’adultes. La paroisse de la Sainte-Croix, construite il y a 150 ans, est située près de la zone industrielle de Narayanganj, où travaillent beaucoup de migrants internes, venus d’autres régions du pays. Parmi eux, on compte beaucoup de chrétiens illettrés, qui n’ont pas reçu les sacrements ou qui sont issus d’autres confessions chrétiennes ou non chrétiennes. En milieu majoritairement musulman, le père James Shyamol Gomes, curé de la paroisse de Luxmibazar, continue son travail pastoral aux côtés des Missionnaires de la Charité.

Ce dimanche 15 septembre, la paroisse de la Sainte-Croix de Luxmibazar, près de Dacca, a célébré la confirmation de 60 fidèles bangladais, dont 32 adultes, qui ont été baptisés récemment. La célébration était présidée par Mgr Shorot Francis Gomes, évêque auxiliaire de Dacca. Dans son homélie, ce dernier a invité les confirmands à « mener [leur] vie dans le Christ ». « Que le Saint-Esprit vous bénisse. Évitez le péché et recherchez le bien, les valeurs qui béniront votre vie », a-t-il ajouté. La paroisse de Luxmibazar était remplie, avec près de 1 500 fidèles présents, dont les proches et amis des confirmands. L’église, construite il y a 151 ans, est située près de la zone industrielle de Narayanganj, dans la banlieue sud de Dacca. Comme le reste du pays, le quartier est majoritairement musulman, et tous n’accueillent pas forcément la présence chrétienne à bras ouverts, comme en témoigne Simon Sangma (nom d’emprunt), âgé de 35 ans, qui faisait partie des confirmands. « Ici, les chrétiens travaillent dans plusieurs sociétés textiles et industrielles. Les prêtres et les religieuses nous rendent visite et accompagnent notre vie spirituelle, mais les employeurs musulmans ne veulent pas les laisser entrer chez nous. Pourtant, nous avons besoin de soutien spirituel et de l’enseignement du catéchisme. Nous sommes prêts à prendre le risque », confie Simon.

Le père James Shyamol Gomes, curé de la paroisse, explique : « Beaucoup d’habitants du quartier sont des migrants internes qui viennent d’autres régions du pays. Ils sont illettrés et n’ont pas fait d’études. Beaucoup d’entre eux sont chrétiens mais n’ont pas reçu les sacrements. Certains sont d’origine protestante, ou sont de nouveaux convertis venant d’autres confessions. » Henry Milon Mollick, 48 ans, fait lui aussi partie des confirmands. « Je suis plein de joie », se réjouit-il. « Le Saint-Esprit est entré dans ma vie. » Autrefois, il était baptiste, mais il y a quelques années, il a reçu le baptême avec son épouse. Il explique qu’il a fait ce choix en observant la vie des catholiques. « En les regardant, j’ai trouvé qu’ils étaient meilleurs chrétiens. J’aime les rites et les prières catholiques, et la vie que mènent les prêtres et les religieuses. Je me sens bien maintenant. » Les Missionnaires de la Charité, fondées par sainte Teresa de Calcutta, sont engagées au sein de la paroisse pour visiter les maisons des chrétiens et prendre part à la pastorale familiale. Les religieuses donnent des cours de catéchisme et préparent les adultes à recevoir le baptême. Le père James confie : « Nous ne sommes pas à l’abri des menaces des radicaux islamistes. Mais nous continuons notre travail pastoral auprès des fidèles qui ne peuvent pas venir à la messe du dimanche régulièrement, à cause de leur travail dans les usines. »

(Avec Asianews, Dacca)


CRÉDITS

DR