Eglises d'Asie

Malgré la crise sanitaire, le tourisme religieux thaïlandais reprend dans le sud du pays

Publié le 11/11/2020




En quelques mois, plusieurs centaines de milliers de bouddhistes thaïlandais ont afflué vers un site sacré bouddhiste situé à Wat Chedi, dans la province de Nakhon, dans le sud de la Thaïlande, afin de vénérer la statue dorée d’Ai Khai, une sculpture représentant l’esprit d’un jeune moine novice qui accorderait les vœux des fidèles apportant des offrandes. Selon le Bureau des politiques et stratégies commerciales du ministère du Commerce, le tourisme religieux, qui représente plus de 300 millions d’euros par an dans le pays, a été lourdement affecté par la pandémie.

Ces derniers mois, plusieurs centaines de milliers de bouddhistes thaïlandais se sont rendus en pèlerinage à Wat Chedi, dans la province de Nakhon, dans le sud de la Thaïlande.

La crise sanitaire a affecté les pèlerinages et voyages religieux à travers la Thaïlande, selon le Bureau des politiques et stratégies commerciales du ministère du Commerce, qui base cette constatation sur un sondage réalisé sur presque 8 000 habitants. Les sondés ont été interrogés sur leurs dépenses consacrées cette année aux visites religieuses. Sur 7 904 personnes interrogées, près de 44 % ont répondu s’être déplacés moins souvent vers les sites religieux comme les églises chrétiennes et les temples bouddhistes, majoritairement en raison de la pandémie du coronavirus et de la récession économique causée par le Covid-19. « Les gens viennent avant tout visiter les sites religieux dans le but de pratiquer leur foi et pour rechercher un soutien spirituel », confie Pimchanok Vonkorpon, directeur de l’agence gouvernementale. « Plus de 70 % des répondants affirment avoir dépensé moins de 200 bahts [5,57 €] en guise de dons à chaque visite dans un site religieux. Il s’agit davantage des étudiants et des demandeurs d’emploi qui sont dans cette catégorie, tandis que ceux qui dépensent davantage sont plutôt des fonctionnaires ou des entrepreneurs », explique-t-il.

Reprise du tourisme religieux thaïlandais

Selon le bureau gouvernemental, les Thaïlandais, toutes confessions confondues, dépensent presque 11 milliards de bahts (306,3 millions d’euros) par an dans les voyages et pèlerinages religieux. « C’est une activité économique importante qui permet de générer des revenus au niveau communautaire, la Thaïlande ayant des sites sacrés un peu partout dans toutes les provinces du pays », ajoute Pimchanok Vonkorpon. Toutefois, il précise que toutes les provinces n’ont pas été affectées de la même manière par la situation. Ces derniers mois, plusieurs centaines de milliers de bouddhistes de tout le pays se sont rendus à Wat Chedi, dans la province de Nakhon, dans le sud de la Thaïlande, afin de vénérer la statue dorée d’Ai Khai, une sculpture représentant l’esprit d’un jeune moine novice qui accorderait les vœux des fidèles bouddhistes apportant des offrandes, et dont la légende remonte au XVIIe siècle. « Ai Khai a permis de soutenir l’économie locale dans cette province lourdement affectée par la crise sanitaire », a commenté le Bangkok Post. « Tandis que d’autres régions du pays sont toujours en pleine récession, de nombreux touristes thaïlandais viennent dans cette région en espérant être bénis par la statue du jeune moine. »

Les vols intérieurs vers la province et les hôtels de la région ont été complets durant plusieurs semaines, alors que plusieurs centaines de milliers de Thaïlandais ont afflué de tout le pays. « Près de 400 000 touristes ont visité la province ces derniers mois, un chiffre impressionnant vu la fragilité de l’économie », a souligné un quotidien local en septembre. Depuis, plusieurs centaines de milliers d’autres Thaïlandais sont venus à Wat Chedi. Le phénomène représente une opportunité en or pour de nombreux commerces de la région. Certains estiment que le succès du pèlerinage est lié aux lourdes pertes économiques durant la pandémie, alors que beaucoup de bouddhistes espèrent une assistance financière en venant déposer leurs vœux. Cependant, certains bouddhistes estiment cette foi déplacée. « Un temple doit être un lieu où l’on vient rechercher la tranquillité d’esprit et une croissance spirituelle en vue de se purifier. Cela ne doit jamais jouer un rôle au service de gains exclusivement matériels », a tempéré un chroniqueur bouddhiste basé à Bangkok.

(Avec Ucanews, Bangkok)


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