Eglises d'Asie

Malgré le manque d’opportunités d’embauche, les migrants chinois refusent de quitter les villes

Publié le 04/09/2020




Selon une étude récente, publiée le 30 août par un institut basé à Pékin (Beijing Social Work Development Centre for Facilitators), les travailleurs migrants chinois cherchent à rester en ville, voyant peu d’opportunités d’embauche dans les régions rurales. La crise a particulièrement affecté les travailleurs chinois issus des régions rurales, qui sont près de 290 millions à travers le pays. Malgré le système d’enregistrement des foyers en vigueur en Chine (hukou), qui les empêche d’accéder à certains avantages sociaux, et malgré le manque de travail et les baisses de salaires, 63 % des répondants sont déterminés à rester en ville.

Malgré les conséquences du coronavirus sur l’emploi, les travailleurs migrants internes sont déterminés à rester vivre en ville. Selon une étude récente, publiée ce dimanche 30 août par une organisation locale basée à Pékin (Beijing Social Work Development Centre for Facilitators), les travailleurs migrants ne voient aucune opportunité à retourner dans les régions rurales, alors qu’ils en sont partis pour chercher en ville un meilleur accès aux soins et à l’éducation. Selon l’institut pékinois, plus de 63 % des répondants estiment que les zones rurales n’offrent aucune perspective d’embauche qui leur permettrait d’y survivre ; durant la crise financière de 2007-2008, ils n’étaient que 35,3 % à le penser. La crise a particulièrement frappé les travailleurs migrants issus des régions rurales chinoises, qui sont près de 290 millions dans le pays. Ils représentent environ un tiers de la population active, et au cours des trente dernières années, leur contribution au miracle économique chinois a été vitale. Malgré cela, leurs droits restent limités. Alors qu’ils vivent dans les villes depuis de nombreuses années, ils sont toujours considérés officiellement comme des résidents de leurs villages d’origine. Ainsi, ils n’ont qu’un accès limité aux hôpitaux urbains, et leurs enfants ne peuvent étudier dans les lycées locaux. Le système d’enregistrement des foyers en vigueur en Chine (hukou) les empêche d’accéder à certains avantages sociaux en raison de leur lieu de résidence officiel. Malgré tout, 58,84 % des répondants à l’étude affirment qu’ils sont prêts à rester en ville quoi qu’il arrive, afin d’assurer la meilleure éducation possible à leurs enfants.

Lors de la crise financière de 2007-2008, ils étaient seulement 22 % à répondre cela. Aux yeux du gouvernement chinois, le système hukou en vigueur est nécessaire afin de limiter le coût des aides sociales. L’impossibilité d’obtenir un statut résidentiel officiel dans les zones urbaines, le manque de travail et les baisses de salaire durant la pandémie ont rendu la vie encore plus difficile pour ceux qui sont venus travailler dans les villes depuis leurs régions d’origine. Mais cela ne les a pas poussés à partir pour autant. Un autre facteur à prendre en compte est celui du salaire. Les revenus par habitant diminuent dans le pays depuis 2014. Selon le Bureau national des statistiques, en 2018, un travailleur migrant pouvait gagner un peu plus de 3 700 yuans (494 euros) par mois dans les villes, contre seulement 1 023 yuans (137 euros) par mois dans les régions rurales. De son côté, la chaîne télévisée officielle CGTN (China Global Television Network) affirme que fin juillet, les gouvernements des provinces chinoises avaient créé 13 millions d’emplois pour les migrants de retour depuis les grandes villes. Les chiffres avancés par CGTN contredisent également ceux du ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale. Le 8 août, ce dernier a affirmé que fin juin, 178 millions de travailleurs migrants vivaient toujours en ville, soit 97,3 % du nombre total de migrants enregistrés en ville l’an dernier.

(Avec Asianews, Pékin)


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