Eglises d'Asie – Sri Lanka
Message des évêques sri-lankais avant les élections présidentielles
Publié le 06/11/2019

« Nous appelons fermement tous les futurs dirigeants politiques de notre pays à garantir la justice pour tous les citoyens, qui sont tous égaux devant la loi, quels que soient leurs positions et leurs statuts. La corruption a été la cause principale des retards du développement de notre pays, entraînant la souffrance et la misère de nombreuses personnes », insistent les évêques. « C’est pourquoi, il est indispensable que le futur président et nos futurs dirigeants prennent des mesures drastiques pour éradiquer la corruption à tous les niveaux. Face aux attaques atroces qui ont touché de nombreux innocents le jour du dimanche de Pâques, nous appelons également nos dirigeants à s’engager à lutter pour l’éradication de l’extrémisme religieux et du racisme dans le pays, et à poursuivre activement la coexistence pacifique de tous les groupes ethniques et religieux au Sri Lanka. » Les attentats du 21 avril ont été menés par un groupe de neuf terroristes, affiliés au groupe extrémiste islamiste local du National Thowheed Jamath (NTJ). Le bilan s’élève à 259 tués, dont 37 étrangers, et à plus de 500 blessés, sans compter de nombreux dégâts matériels.
Accusations de corruption
Parmi les 35 candidats aux élections présidentielles, on compte deux moines bouddhistes, quatre candidats issus de la minorité musulmane, deux de la communauté tamoule et une femme. Le principal parti d’opposition, le Podujana Peramuna (SLPP) est dirigé par l’ancien président Mahinda Rajapaksa. Le candidat du SLPP n’est autre que le frère de ce dernier, Gotabhaya Rajapaksa, ancien secrétaire à la Défense durant la guerre civile sri-lankaise (1983-2009) – la famille Rajapaksa fait face à plusieurs accusations, notamment pour corruption mais aussi pour crimes de guerre. Dans leur message, les évêques ont appelé les candidats à la présidentielle, leurs partisans, ainsi que les usagers des réseaux sociaux et toutes les autorités responsables de l’organisation des élections à respecter les lois électorales, à assurer des élections libres et justes et à protéger les droits des Sri-lankais. « Dans la course aux élections, nous avons observé une tendance fâcheuse à la violation de certaines lois électorales », assurent les évêques. La Commission électorale nationale a interdit aux candidats d’exploiter la victoire sur les Tigres tamouls durant la guerre ou les accusations de crimes de guerre. La commission a également noté une hausse des violences liées aux élections présidentielles. Rohana Hettiarachchi, directeur exécutif du groupe Paffrel (Action du peuple pour des élections libres et justes), affirme avoir reçu 32 plaintes semblables. Rasanga Harischandra, avocat et principal organisateur du Centre national de contrôle des élections (National Election Monitoring Center) a également déclaré avoir reçu 21 plaintes pour violences liées aux élections.
(Avec Ucanews, Colombo)
Crédit : Vikalpa / Groundviews / Maatram / CPA (CC BY 2.0)
