Eglises d'Asie

Message des évêques sri-lankais avant les élections présidentielles

Publié le 06/11/2019




Le 1er novembre, les évêques catholiques sri-lankais ont signé un communiqué officiel adressé aux électeurs et aux candidats à la présidentielle sri-lankaise, prévue le 16 novembre, afin de donner leurs recommandations pour l’avenir politique du pays. La conférence des évêques du Sri Lanka (CBCSL) a demandé aux 35 candidats inscrits de s’engager au service du pays de façon intègre. « Nous attendons du futur gouvernement et du nouveau président qu’ils soutiennent la liberté religieuse et la sécurité nationale, ainsi que la santé, l’éducation, l’économie et la gestion responsable des ressources naturelles », a notamment déclaré Mgr Winston S. Fernando, président de la conférence épiscopale.

La conférence des évêques du Sri Lanka (CBCSL) a appelé les autorités à assurer que les élections nationales se déroulent de façon libre et juste. Les évêques se sont également adressés aux électeurs, afin de leur rappeler l’importance d’exercer leur droit électoral avec sagesse. La conférence épiscopale souligne que le futur président sri-lankais doit être une personne intègre, capable de travailler étroitement avec tous, de protéger les droits et les libertés du peuple, de défendre les principes démocratiques du Sri Lanka et de travailler pour le développement durable du pays. Près de 16 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales et sont susceptibles d’aller voter lors des élections nationales du 16 novembre. Un record de 35 candidats se sont présentés. Durant la campagne, les principaux sujets abordés ont été la sécurité nationale, la corruption, la faible croissance économique et les divisions ethniques et religieuses. « Nous attendons du nouveau président et du futur gouvernement de lancer des politiques nationales qui soutiennent la liberté religieuse, la sécurité nationale, la santé, l’éducation, l’économie et la gestion responsable des ressources naturelles – afin de protéger les générations futures et de soutenir le développement durable au Sri Lanka », a déclaré Mgr Winston S. Fernando, président de la conférence épiscopale sri-lankaise, dans un communiqué officiel cosigné par les évêques le 1er novembre. « Le président doit représenter tout le pays et dépasser les différents partis politiques », a-t-il insisté.

« Nous appelons fermement tous les futurs dirigeants politiques de notre pays à garantir la justice pour tous les citoyens, qui sont tous égaux devant la loi, quels que soient leurs positions et leurs statuts. La corruption a été la cause principale des retards du développement de notre pays, entraînant la souffrance et la misère de nombreuses personnes », insistent les évêques. « C’est pourquoi, il est indispensable que le futur président et nos futurs dirigeants prennent des mesures drastiques pour éradiquer la corruption à tous les niveaux. Face aux attaques atroces qui ont touché de nombreux innocents le jour du dimanche de Pâques, nous appelons également nos dirigeants à s’engager à lutter pour l’éradication de l’extrémisme religieux et du racisme dans le pays, et à poursuivre activement la coexistence pacifique de tous les groupes ethniques et religieux au Sri Lanka. » Les attentats du 21 avril ont été menés par un groupe de neuf terroristes, affiliés au groupe extrémiste islamiste local du National Thowheed Jamath (NTJ). Le bilan s’élève à 259 tués, dont 37 étrangers, et à plus de 500 blessés, sans compter de nombreux dégâts matériels.

Accusations de corruption

Parmi les 35 candidats aux élections présidentielles, on compte deux moines bouddhistes, quatre candidats issus de la minorité musulmane, deux de la communauté tamoule et une femme. Le principal parti d’opposition, le Podujana Peramuna (SLPP) est dirigé par l’ancien président Mahinda Rajapaksa. Le candidat du SLPP n’est autre que le frère de ce dernier, Gotabhaya Rajapaksa, ancien secrétaire à la Défense durant la guerre civile sri-lankaise (1983-2009) – la famille Rajapaksa fait face à plusieurs accusations, notamment pour corruption mais aussi pour crimes de guerre. Dans leur message, les évêques ont appelé les candidats à la présidentielle, leurs partisans, ainsi que les usagers des réseaux sociaux et toutes les autorités responsables de l’organisation des élections à respecter les lois électorales, à assurer des élections libres et justes et à protéger les droits des Sri-lankais. « Dans la course aux élections, nous avons observé une tendance fâcheuse à la violation de certaines lois électorales », assurent les évêques. La Commission électorale nationale a interdit aux candidats d’exploiter la victoire sur les Tigres tamouls durant la guerre ou les accusations de crimes de guerre. La commission a également noté une hausse des violences liées aux élections présidentielles. Rohana Hettiarachchi, directeur exécutif du groupe Paffrel (Action du peuple pour des élections libres et justes), affirme avoir reçu 32 plaintes semblables. Rasanga Harischandra, avocat et principal organisateur du Centre national de contrôle des élections (National Election Monitoring Center) a également déclaré avoir reçu 21 plaintes pour violences liées aux élections.

(Avec Ucanews, Colombo)


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