Eglises d'Asie – Bangladesh
Nouvel an bangladais : le festival du « Pahela Baishakh » célèbre l’unité du pays
Publié le 12/04/2019
Sumon Howlader, un étudiant en marketing de 25 ans de l’université de Jagannath, à Dacca, évoque ses souvenirs d’enfance liés au nouvel an bangladais, alors que le pays se prépare à célébrer le plus grand festival culturel non religieux du pays. Connu sous le nom de « Pahela Baishakh » (1er Baishakh, le premier jour du calendrier bangladais), le festival est fêté le 14 avril, jour férié au Bangladesh. « On commençait la journée en mangeant du ‘panta bhat’ [un plat à base de riz légèrement fermenté] et du hilsa frit [poisson local]. Avec des amis, on organisait un pique-nique, du sport, des activités culturelles et une loterie. Les enfants et les jeunes participaient tous, encouragés par les parents et les plus âgés. » La foire traditionnelle du village rassemblait toute la population. « On y amenait toutes sortes de plats, de confiseries et de jouets, et on y passait toute la journée », explique-t-il. Depuis, le jeune bangladais est venu étudier à Khulna, puis à Dacca pour ses études supérieures. Alors qu’il poursuit ses études en marketing à l’université, il ne pourra pas retourner dans sa famille, dans le sud du pays, pour célébrer le nouvel an comme il le faisait il y a quelques années. Sumon Howlader compte passer le festival avec ses amis dans la capitale. « Pahela Baishakh est une fête très importante pour toute la population. Le festival célèbre nos racines, nos traditions et notre culture. Cela nous apprend à mettre de côté nos différences religieuses et ethniques pour défendre l’harmonie, la paix et la prospérité », assure-t-il. « Pahela Baishakh est une fête culturelle démesurée, c’est un spectacle formidable pour les habitants des régions urbaines comme Dacca. Mais je ne sais pas si les gens se contentent de le célébrer ou s’ils comprennent le véritable message véhiculé par le nouvel an », se demande Sumon Howlader.
Le nouvel an bangladais célèbre l’héritage culturel et les traditions du peuple bengali de l’ancien Bengale, qui comprend aujourd’hui le Bangladesh et l’État indien du Bengale occidental. Le festival du 14 avril est donc vu par les Bengalis du Bangladesh, de l’Inde et de la diaspora comme une célébration de leur culture et de leur langue d’origine. Tout au long du festival sont organisés des concerts, des programmes culturels, des danses ainsi que les processions matinales de la Mangal Shobhajatra (des processions de masse accompagnées de masques et de répliques d’animaux comme le tigre du Bengale…). Dans les rues, les foules profitent des attractions et des traditions folkloriques comme les charmeurs de serpents, les numéros de cirque, les combats de coqs et les jeux de rue. Les gens mettent également leurs costumes traditionnels, des saris blancs bordés de rouge pour les femmes, et des costumes rouges ou blancs pour les hommes. D’abord une tradition rurale, le festival est devenu populaire dans les villes quand les populations rurales ont migré vers les régions urbaines en recherche d’éducation, d’emplois et de meilleurs revenus. En dehors de la majorité bengalie, le pays de 160 millions d’habitants, majoritairement musulman, compte également trois millions de membres des communautés indigènes. Parmi eux, Akhi Marma, une bouddhiste de 25 ans de l’ethnie Marma, vit dans le district de Rangamati, dans la région des Chittagong Hill Tracts, dans le sud-est du pays. Akhi Marmaest venue à Dacca il y a cinq ans après la fin de ses études secondaires. Elle a trouvé un travail dans un salon de beauté, et elle s’est mariée avec un catholique de l’ethnie Garo il y a deux ans.
Traditions et unité

(Avec Ucanews, Dacca)
CRÉDITS
Ucanews