Eglises d'Asie

Plus de 200 ONG appellent le Conseil de sécurité de l’ONU à un embargo sur les ventes d’armes en Birmanie

Publié le 07/05/2021




Le 5 mai, plus de 200 ONG internationales ont publié une déclaration afin d’appeler le Conseil de sécurité de l’ONU à imposer un embargo sur les armes en Birmanie. « Aucun gouvernement ne devrait vendre ne serait-ce qu’une seule balle à la junte dans ces circonstances », soulignent les ONG, qui déplorent la mort de 769 civils depuis le 1er février et l’arrestation de 4 000 militants, journalistes, fonctionnaires et personnalités politiques. Les ONG appellent à une action immédiate contre les meurtres de civils engagés dans des manifestations pacifiques contre le coup d’État.

Des enseignants et des élèves manifestent à Tabayin (dans la division Sagaing, dans le centre du pays).

Plus de 200 ONG internationales demandent au Conseil de sécurité des Nations unies d’imposer un embargo sur les armes en Birmanie, pour que « plus aucune balle ne soit vendue à la junte ». Les ONG appellent à une action immédiate pour faire cesser les meurtres de civils engagés dans des manifestations pacifiques contre le coup d’État. La déclaration, publiée le mercredi 5 mai au soir, souligne que la junte militaire « a démontré un mépris impitoyable envers la vie humaine » depuis le début. Depuis le 1er février, au moins 769 personnes ont été tuées, dont 50 enfants de moins de six ans, selon les organisations. De plus, selon la déclaration, presque 4 000 militants, journalistes, fonctionnaires et personnalités politiques ont été arrêtés depuis le début de la crise, et plusieurs centaines d’entre eux manquent à l’appel. « Aucun gouvernement ne devrait vendre ne serait-ce qu’une seule balle à la junte dans ces circonstances », insistent les ONG.

« Le temps des déclarations est passé »

Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà publié plusieurs communiqués sur le coup d’État en Birmanie, en appelant au retour de la démocratie, à la libération des prisonniers politiques et à la fin de la violence, mais sans pouvoir agir à cause des vétos imposés par la Chine et la Russie et à cause des votes contradictoires de plusieurs États. « Le temps des déclarations est passé. Le Conseil de sécurité doit adopter un nouveau consensus sur la Birmanie en décidant d’une action immédiate et significative », ont déclaré les ONG. Selon plusieurs rapports, la Chine et la Russie font partie des plus grands fournisseurs d’armes de la junte militaire birmane. Moscou vend des avions de chasse et des hélicoptères de combats, tandis que Pékin vend des avions de chasse, des armes navales, des véhicules blindés et des drones de reconnaissance. D’autres armes sont venues d’Ukraine, de Turquie, d’Inde, de Serbie et d’Israël. L’Italie a également été accusée de vendre des armes à la junte. La Corée du Sud, qui a également fourni des armes à la Birmanie, a gelé ses ventes après le coup d’État.

En attendant, les manifestations se poursuivent dans tout le pays, contre la junte et en soutien au nouveau gouvernement d’unité nationale (NUG) – un gouvernement clandestin constitué de députés déchus principalement issus du parti d’Aung San Suu Kyi (la Ligue nationale pour la démocratie, NLD). Des étudiants sont notamment descendus dans les rues de Rangoun et des Mandalay ces derniers jours. À Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays, Les moines bouddhistes ont organisé une grève. À Magway, dans le centre de la Birmanie, une « rivière humaine », comme disent les locaux, s’est rassemblée contre le « dirigeant terroriste », le général Min Aung Hlaing, et contre le coup d’État militaire. À Tabayin (dans la division de Sagaing, dans le centre du pays), des enseignants, des étudiants et des élèves d’école primaire se sont rassemblés afin de marcher contre la politique d’éducation sous le régime militaire, s’apparentant selon eux à du « lavage de cerveau ». Les enseignants ont appelé à poursuivre le mouvement de désobéissance civile et à maintenir les écoles fermées. Dans plusieurs villes, les forces de l’ordre ont arrêté plusieurs dizaines de militants.

(Avec Asianews)


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