Eglises d'Asie

Province de Chiang Mai : des villageois catholiques signalent un pic de pollution atmosphérique

Publié le 12/03/2021




La province de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, a enregistré une pollution de l’air alarmante. Le 10 mars, le niveau de particules PM 2,5 (inférieures à 2,5 µm) enregistré dans la région a atteint jusqu’à 592 µg/m3 d’air, soit presque 12 fois plus que le seuil fixé par l’OMS. Ces derniers jours, le niveau de particules PM 2,5 est resté constamment au-dessus de 200 µg/m3. Cette situation revient chaque année avec la pratique de la culture sur brûlis, pourtant illégale. Les plus affectés sont les villageois indigènes, dont de nombreux chrétiens vivant dans les montagnes.

Dans la province de Chiang Mai, de nombreux Karens catholiques vivent dans des huttes en bois et en bambou, sans aucun moyen de se protéger de la pollution de l’air.

Ces derniers, jours, selon les autorités sanitaires locales, un épais brouillard de pollution a affecté la province de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. Plus de 30 000 habitants se sont rendus dans les hôpitaux de la région à la recherche d’un traitement médical. Parmi les plus affectés par le pic de pollution, on compte de nombreux chrétiens originaires des communautés indigènes vivant dans les montagnes du nord. Le « smog » (contraction des mots smoke – fumée – et fog – brouillard) a recouvert la plus grande partie de la province montagneuse et des régions voisines, et la concentration de particules fines dans l’air a atteint des records alarmants. Le 10 mars, le niveau de particules PM 2,5 (inférieures à 2,5 µm) enregistré dans la province de Chiang Mai a atteint jusqu’à 592 µg/m3 d’air, soit un niveau presque 12 fois supérieur au seuil de sécurité fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les images satellites disponibles montrent de nombreux feux brûlant dans les environs de Chiang Mai et dans les régions voisines. Chaque année, les fermiers des villages de la région pratiquent l’agriculture sur brûlis en défrichant leurs terres, un système de culture qui entraîne de lourdes conséquences environnementales durant plusieurs semaines. Bien que cette technique agricole soit illégale dans le pays, de nombreux fermiers continuent de la pratiquer. Parmi les habitants les plus exposés à la pollution causée par les brûlis, on compte de nombreux villageois chrétiens indigènes, dont des catholiques vivant dans les montagnes de Chiang Mai.

Les villages indigènes de Chiang Mai particulièrement exposés

« Le brouillard est si épais qu’on peut à peine voir le bout de son nez », assure Sombat Mousouloy, un catholique de l’ethnie Karen vivant dans le district de Mae Taeng, à plusieurs heures de route de la ville de Chiang Mai, la capitale de la province. Il ajoute que le « smog » est parfois tellement mauvais que « certaines personnes toussent du sang ». « Cette situation se renouvelle tous les ans et nous ne pouvons rien faire », déplore-t-il. Ces derniers jours, le niveau de particules PM 2,5 enregistré dans l’air a été constamment au-dessus de 200 µg/m3. L’exposition à une telle concentration de pollution peut être extrêmement dangereuse pour la santé, en particulier pour les plus vulnérables comme les enfants, les plus âgés et les personnes atteintes de problèmes pulmonaires. Les autorités sanitaires locales ont conseillé aux habitants de rester à domicile, de fermer leurs fenêtres et leurs portes, et de porter des masques antipollution à l’extérieur. Toutefois, ces mesures sont difficiles à appliquer dans les villages montagnards où beaucoup d’habitants vivent encore dans des huttes en bambou, sans aucun moyen de se protéger de la pollution extérieure. De plus, l’accès aux services de santé reste rudimentaire pour les communautés indigènes locales, alors que la clinique la plus proche est parfois à plusieurs heures de route. « On se couvre le nez et la bouche avec des foulards », confie Sombat Mousouloy. « On fait de notre mieux pour éviter de respirer la fumée. »

(Avec Ucanews, Bangkok)


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