Eglises d'Asie

Quatre mois après le coup d’État, l’opposition continue contre la junte

Publié le 08/06/2021




Le mouvement de résistance se poursuit en Birmanie. Depuis le coup d’État, la junte militaire a arrêté 5 562 personnes et tué 845 civils, selon l’association AAPP. Par ailleurs, depuis début février, 87 journalistes ont été arrêtés et 51 sont toujours détenus. Le 6 juin, le général Min Aung Hlaing a également rencontré Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les habitants de Birmanie ont un besoin urgent d’assistance et de protection », a déclaré ce dernier durant la rencontre.

Le 9 février 2021 à Hpa-An (État Kachin), quelques jours après le coup d’État.

L’opposition civile au régime militaire birman, qui a pris le pouvoir en février, se poursuit de manière ininterrompue. Des tensions entre civils et militaires se poursuivent dans plusieurs villes birmanes. Depuis le coup d’État, la junte militaire a arrêté 5 562 personnes et tué 845 civils, selon les informations publiées par l’association locale AAPP (Association d’assistance aux prisonniers politiques). Ce dimanche 6 juin au matin, deux membres de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti pro-démocratie de l’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, ont été battus et arrêtés dans leur maison, à Sein Pan Ward dans la région de Mandalay. Par ailleurs, l’avocat Thet Tun Oo, qui a représenté les personnes emprisonnées pour leur participation à des manifestations anti-gouvernement organisées à Myitkyina (État Kachin), a également été détenu par l’armée ce dimanche. Il avait été appelé comme témoin lors d’un procès organisé dans la prison de Myitkyina. Un mandat d’arrêt a également été émis contre le Dr Tayzar San, l’une des principales figures du mouvement anti-junte, qui a également participé aux manifestations contre le coup d’État et le régime militaire. Une récompense de 10 millions de kyats (4 996 euros environ) a été offerte pour toute information pouvant mener à son arrestation.

87 journalistes arrêtés depuis le 1er février

Le 2 juin, un jeune thaïlandais de 19 ans a reçu une balle au front dans la ville de Mobye, dans l’État Shan (dans le sud du pays). Une autre personne a également été gravement blessée par les militaires birmans. Deux explosions ont aussi été rapportées près d’établissements scolaires à Aye Tharyar (État Shan). Le 6 juin, un tribunal militaire a également condamné deux journalistes arrêtés en mars et avril. Aung Kyaw, du journal DVB (Democratic Voice of Burma), ainsi que le reporter freelance Zaw, ont tous les deux été condamnés à deux ans de prison pour avoir couvert les manifestations qui ont éclaté après le coup d’État militaire du 1er février. En tout, depuis début février, 87 journalistes ont été arrêtés et 51 sont toujours détenus. Aung Kyaw et Zaw ont été emprisonnés dans le cadre de la section 505 (a) du Code pénal, qui a été amendée après la prise de pouvoir de l’armée birmane – aujourd’hui, la loi pénalise tout commentaire et toute opinion susceptibles « d’apeurer » la population ou de répandre des « fake news ».

De son côté, le gouvernement d’unité nationale (NUG), le nouveau gouvernement clandestin, composé de parlementaires déchus du NLD et de représentants des groupes ethniques, a promis de rapatrier et d’accorder leur citoyenneté aux Rohingyas qui se joindront au mouvement contre l’armée. Le dimanche 6 juin, le général Min Aung Hlaing, chef du régime militaire et à la tête du putsch, a également rencontré Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les habitants de Birmanie ont un besoin urgent d’assistance et de protection », a déclaré Peter Maurer, qui a abordé « l’usage de la force durant les opérations de sécurité » durant la rencontre. Il a aussi demandé un meilleur accès humanitaire aux zones de conflit et la reprise des visites aux détenus de la Croix Rouge. Min Aung Hlaing a accédé « sans s’engager » aux requêtes formulées par Peter Maurer.

(Avec Asianews)


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