Eglises d'Asie

Rajshahi : un artiste bangladais sculpte des œuvres chrétiennes au service de l’Église locale

Publié le 27/02/2021




Dominique Mondol, un artiste catholique bangladais âgé de 65 ans, sculpte des œuvres religieuses depuis plus de vingt ans. Originaire du village de Bonpara, dans le district de Natore (Rajshahi), dans l’ouest du Bangladesh, il crée des statues pour de nombreuses paroisses et centres de pèlerinage à travers le pays, majoritairement musulman. Aujourd’hui, Dominique Mondal produit plusieurs centaines de statues par an.

Une scène de la Pentecôte, présentée dans une église catholique de Dacca et créée par Milton Kumar, un artiste et sculpteur hindou.

Dominique Mondol, un artiste catholique bangladais, a travaillé pour le MCC (Mennonite Central Committee), une organisation humanitaire locale, pendant 23 ans en tant qu’agent de sécurité. En 1996, à la recherche d’une autre activité, il a appris à sculpter auprès de son oncle maternel, un artiste professionnel originaire de Krishnanagar, dans l’État indien du Bengale occidental. Durant deux ans, il a appris ce nouveau métier tout en travaillant pour le MCC. En 1988, il a finalement démissionné pour devenir artiste à temps plein, en sculptant des statues de la Vierge, de saint Joseph, du Christ ou encore saint Antoine de Padoue, particulièrement vénéré au Bangladesh.

En 2008, il a créé une statue de Notre-Dame de Lourdes pour la paroisse de Bonpara (Natore), à la satisfaction des paroissiens. Plus tard, il a également sculpté toute une fresque biblique. Aujourd’hui, il produit plusieurs centaines de statues par an. Autrefois, les catholiques bangladais achetaient des œuvres sculptées en Inde ou ailleurs, mais ils peuvent aujourd’hui profiter des œuvres de Dominique Mondol, qui participe à au moins une vingtaine de pèlerinages tous les ans à travers le pays, afin de vendre ses statues. L’artiste bangladais, âgé de 65 ans, assure qu’il a obtenu de nombreuses grâces spirituelles par ce travail. « J’étais un simple agent de sécurité, et peu éduqué, mais en commençant à sculpter des statues, j’ai obtenu ce que je demandais depuis longtemps : la paix et la prospérité. »

Dans son atelier du village de Bonpara Sud, à Natore, on peut voir notamment une sculpture du missionnaire italien Mario Veronesi, tué dans la paroisse de Shimulia de Jessore en 1971, durant la guerre pour l’indépendance. « Le curé de la paroisse de Shimulia m’a envoyé une photo en me demandant de faire des statues du père Mario Veronesi », explique l’artiste, qui a reçu 40 000 takas (389 euros) pour cette œuvre. Il produit également des statues pour le Centre CCC (Christian Communication Center) de Dacca, qui dépend de la commission épiscopale pour les communications sociales, et pour plusieurs centres pastoraux diocésains. Dominique Mondol se dit heureux que ses œuvres puissent aider les gens à prier.

« Ce que j’aime particulièrement, c’est voir quelqu’un prier devant une de mes statues. Dans ces moments-là, je sens que mon travail porte du fruit et je me sens d’autant plus encouragé », explique-t-il, en ajoutant qu’il ne fait pas cela uniquement pour gagner de l’argent, mais aussi pour contribuer à répandre le message évangélique. « J’avais remarqué qu’il n’y avait personne pour faire ce travail au sein de la communauté chrétienne, donc j’ai appris le métier et je crois que cela aide à faire connaître l’Évangile. Les statues religieuses accompagnent les gens dans leurs prières et durant les messes. » Il ajoute qu’il envoie aussi des statues dans les diocèses de Dinajpur et de Rajshahi, où il y a de nouveaux croyants grâce au travail des missionnaires locaux et étrangers.

(Avec Asianews, Natore)


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