Eglises d'Asie

Rangoun : des religieux chrétiens et bouddhistes manifestent en appelant la police à ne pas tirer sur la foule

Publié le 02/03/2021




Le 1er mars, les manifestations contre le coup d’État militaire se poursuivaient, malgré le bilan d’au moins 18 décès et 30 blessés après les protestations de ce week-end. Les opposants demandent toujours la libération d’Aung San Suu Kyi et le retour de la démocratie. Selon le Bureau des droits de l’homme des Nations unies (HCDH), « la police et les forces militaires ont affronté des manifestations pacifiques en utilisant une force létale et non létale », notamment à Rangoun. Des responsables chrétiens et bouddhistes ont manifesté en demandant à la police de ne pas tirer sur la foule.

Ce lundi 1er mars, les manifestations contre le coup d’État en Birmanie continuaient dans plusieurs villes du pays, malgré les victimes de ce week-end parmi les opposants. Ces derniers ont crié des slogans comme « la démocratie est notre cause » en affirmant qu’ils étaient prêts à lutter « jusqu’au bout », tandis que l’armée semble avoir redoublé le niveau des violences contre les manifestants. À Rangoun, la capitale économique, la police a utilisé des véhicules blindés et des pompes à incendie afin de disperser la foule rassemblée dans différents quartiers. D’autres marches ont également été organisées à Lashio, dans l’État Shan. Physiquement ou sur les réseaux sociaux, les opposants civils soulignent que ce qu’ils vivent n’est pas de l’ordre du « trouble à l’ordre social », selon l’expression utilisée par la junte militaire, mais qu’il s’agit de véritables violences subies et causées par le général Min Aung Hlaing et l’armée birmane. Dimanche 28 février, dans plusieurs villes birmanes dont à Rangoun, la police et l’armée ont ouvert le feu sur la foule et utilisé du gaz lacrymogène, en provoquant plusieurs victimes. Des responsables chrétiens et bouddhistes ont également manifesté en demandant à la police de ne pas tirer sur la foule.

Au moins 18 décès et plus de 30 blessés

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), tout au long de la journée du 28 février, dans plusieurs endroits du pays, « la police et les forces militaires ont affronté des manifestations pacifiques en utilisant une force létale et non létale, ce qui, selon des informations crédibles reçues par le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies, a entraîné la mort d’au moins 18 personnes et fait plus de 30 blessés », a déclaré Ravina Shamdasani, une porte-parole du HCDH. « Les décès seraient survenus à la suite de balles réelles tirées sur des foules à Rangoun, Dawei, Mandalay, Myeik, Bago et Pokokku. Des gaz lacrymogènes auraient également été utilisés en divers endroits, ainsi que des grenades aveuglantes et assourdissantes. » Aujourd’hui, malgré tout, les manifestants continuent de demander la libération d’Aung San Suu Kyi, qui s’est présentée devant les juges.

Des démissions parmi la police birmane

Par ailleurs, outre les opposants au coup d’État le nombre de démissions augmente parmi les rangs de la police birmane. Le 1er mars, un major de la police de Rangoun, Tin Minh Tun, a publié une vidéo en déclarant qu’il refusait « de servir sous le régime militaire actuel ». Sur les réseaux sociaux, en expliquant avoir servi la police birmane depuis 1989, il a ajouté que « si le régime militaire reste au pouvoir, nous ne pourrons pas faire ce que nous voulons pendant 20 à 25 prochaines années ; nous serons une nouvelle fois perdants ». Des condamnations ont également été envoyées par la communauté internationale, même si les pays de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), ainsi que la Russie, la Chine et l’Inde, restent prudents et évitent de rompre les relations diplomatiques avec les nouveaux dirigeants militaires. De son côté, Tom Andrews, expert des Nations unies sur les droits de l’homme, a appelé la communauté internationale à s’engager davantage contre la junte birmane. Il a proposé un embargo sur les ventes d’armes et des sanctions contre les responsables du coup d’État, ainsi qu’une plainte auprès de la Cour pénale internationale.

(Avec Asianews, Rangoun)


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