Eglises d'Asie

Rangoun : une organisation auprès des jeunes birmans déracinés dans la décharge d’Insein

Publié le 29/12/2022




Depuis les conflits internes qui ont éclaté après le coup d’État militaire de février 2021, le nombre de jeunes sans papiers a tendance à augmenter dans le pays en crise. Les Nations unies ont été forcées de se retirer de certaines régions tout en continuant de faire pression sur les autorités birmanes pour permettre l’accès humanitaire. Des organisations continuent d’intervenir sur le terrain comme dans la décharge d’Insein, près de Rangoun, où des populations fuyant les combats ont trouvé refuge ces derniers mois.

Dans un pays comme la Birmanie, où les appartenances ethniques et religieuses ont toujours été de première importance, le nombre d’enfants sans papiers a tendance à augmenter depuis le début de la guerre civile qui a éclaté après le coup d’État de l’armée en février 2021. Dans cette situation dramatique, les expériences rencontrées par des associations comme New Humanity International, une ONG italienne, apportent un peu d’espoir.

Tandis que les Nations unies ont été forcées de se retirer de certaines zones, tout en continuant de faire pression sur les militaires pour permettre l’accès humanitaire, de petits groupes qui interviennent localement ont pu apporter de l’aide aux populations locales. L’association New Humanity, qui comptait 25 employés avant la crise birmane, en a aujourd’hui 70 après avoir développé ses activités durant ces deux années difficiles pour le pays, marqué par le Covid-19 et par les conflits internes.

De nombreux réfugiés dans la décharge d’Insein depuis deux ans

C’est ainsi que l’organisation a pu agir dans la décharge d’Insein, à l’extérieur de Rangoun, où de nombreux habitants fuyant les combats ont trouvé refuge ces derniers mois. Les premiers « résidents » d’Insein se sont installés là dès 2008 après le passage du cyclone Nargis – qui a dévasté de larges étendues de territoire dans le pays, causant plus de 138 000 décès et des dégâts estimés à près de 4 milliards de dollars US. Le gouvernement ne s’est jamais donné la peine d’intervenir pour régler le problème, et depuis, des familles entières ont squatté illégalement la décharge.

Ceux-ci, sans papiers officiels pour prouver leur identité, pourraient être chassés à tout moment par l’armée. Les enfants nés sur place ne sont pas enregistrés auprès des autorités concernées. Ceci est dû en partie à l’effondrement du système administratif national depuis le début de la crise politique et de la résurgence des conflits internes, mais c’est également une conséquence d’un manque de confiance envers les autorités militaires au pouvoir.

Beaucoup estiment que le fait de vivre illégalement dans ce bidonville est plus sûr pour eux. Et c’est là que l’ONG New Humanity a ouvert une école maternelle et où ses équipes travaillent avec les résidents et les autorités locales. Pourtant, l’avenir reste incertain ; les combats ne semblent pas vouloir se calmer et personne ne sait quand ces enfants pourront se voir attribuer une identité officielle.

Une école pour jeunes délinquants près de Rangoun

La situation devient également incontrôlable pour le centre pour jeunes délinquants de l’établissement pour garçons de Nghet Aw San, dans le district de Kaw Hmu, dans la région de Rangoun. La vie y est très difficile, alors que plus de 300 jeunes de plusieurs régions du pays y sont détenus pour différentes accusations. Beaucoup d’entre eux ont vécu dans la rue.

En un peu plus d’un an, leur nombre a augmenté significativement et le problème reste difficile à résoudre, non seulement à cause du nombre de jeunes détenus qui augmente, mais aussi parce qu’ils ont été traumatisés par la guerre et qu’ils parlent différentes langues et dialectes. L’ONG italienne y a ouvert une école pour 150 enfants, en offrant des cours fondamentaux et des formations professionnelles pour les aider à accéder à emploi plus tard, après avoir achevé leur peine.

En parallèle, durant cette année difficile, l’organisation a également lancé un projet de formation professionnelle et de soutien psychologique dans le district de Dala, afin de prévenir la délinquance juvénile en aidant les jeunes à affronter les difficultés de la vie et à regarder l’avenir avec espoir.

Les relations sont bonnes entre les éducateurs de l’ONG et les autorités locales, ces dernières étant résolues à ce que tout fonctionne de la manière la plus structurée et la plus positive possible pour les jeunes. Pour les responsables du projet, ce ne sont que des petites graines qui ont été plantées, grâce à du travail concret et de terrain avec la communauté locale, mais qui donnent de l’espoir à une époque compliquée de l’histoire du pays.

(Avec Asianews)