Eglises d'Asie

Sherpur : le sanctuaire marial de Baromari doit limiter l’accès aux pèlerins cette année

Publié le 21/10/2020




Le 30 octobre, chaque année, le sanctuaire de Marie, Reine de Fatima, dans la paroisse Saint-Leo de Baromari, dans le district de Sherpur, attire plus de 20 000 pèlerins de tout le Bangladesh. Le sanctuaire marial catholique, situé dans les collines Garo, près de la frontière indienne, fait partie des trois sanctuaires catholiques les plus populaires du pays, avec celui de Saint-Antoine de Padoue de Nagari, dans le district de Gazipur, et le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes de Diang, dans le district de Chittagong. Cette année, seuls 500 pèlerins pourront y accéder, pour seulement six heures au lieu de deux jours.

Le sanctuaire de Marie, Reine de Fatima, dans le district de Sherpur, qui attire chaque année 20 000 pèlerins le 30 octobre, a dû limiter l’accès aux pèlerins cette année.

Les responsables catholiques au Bangladesh ont limité l’accès au sanctuaire de Marie, Reine de Fatima, dans la paroisse Saint-Leo de Baromari, dans le district de Sherpur. Certains craignent malgré tout que plusieurs milliers de pèlerins ne tentent de venir au sanctuaire en défiant ces limites imposées sur le nombre de participants. Les responsables du sanctuaire ont limité la durée des pèlerinages et le nombre de personnes pouvant y accéder, par crainte de la contagion. Il s’agit d’un des trois sanctuaires catholiques les plus populaires du pays, avec le sanctuaire de Saint-Antoine de Padoue de Nagari, dans le district de Gazipur, et le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes de Diang, dans le district de Chittagong. En général, le pèlerinage à Baromari prend deux jours et attire près de 20 000 fidèles de tout le Bangladesh, qui viennent participer au chapelet, aux veillées aux chandelles, aux temps de méditation et d’adoration eucharistique, au chemin de croix et à la messe spéciale – célébrée le 30 octobre, jour de la fête du sanctuaire. Cette année, le pèlerinage ne durera que six heures au lieu de deux jours, en présence de seulement 500 pèlerins contre les 20 000 habituels, afin de respecter les normes sanitaires imposées par l’État.

Des restrictions sanitaires mal acceptées par les pèlerins

Le sanctuaire catholique, situé dans les collines Garo, près de la frontière indienne, dépend du diocèse de Mymensingh, qui compte plus de 81 000 catholiques, majoritairement indigènes. Il est situé à près de 200 km au nord-est de Dacca, la capitale. Chaque année, le sanctuaire attire aussi des musulmans et des hindous qui viennent offrir des manots (offrandes déposées en faisant un vœu), en demandant par exemple une guérison ou un enfant. Le père Monindro Michael Chiran, âgé de 63 ans, curé de la paroisse et responsable du comité organisateur du pèlerinage, confie avoir demandé aux autorités d’autoriser jusqu’à 600 participants, mais la limite de 500 pèlerins a été maintenue. Parmi les participants, on comptera les prêtres, les religieux, les membres des conseils paroissiaux, ainsi que 12 personnes représentant chaque paroisse du diocèse local, explique le prêtre. « Les gens sont assez dépités. Mais ils sont conscients des risques sanitaires et du contexte, ils ont donc accepté ces conditions », confie le père Chiran, de l’ethnie Garo. Au sein du sanctuaire, une équipe sanitaire a été chargée de fournir du gel désinfectant, du savon, de l’eau et de vérifier le port du masque et le respect de la distanciation physique, assure le père Chiran.

Luis Nengminja, 46 ans, un catholique Garo, estime de son côté que les conditions imposées pour le pèlerinage de cette année ont été moins bien acceptées que ce que laisse entendre le père Chiran. « Chaque année, dès le début du mois d’octobre, la région s’anime avec de nombreuses festivités, mais il n’y aura rien cette année », souligne Luis Nengminja, père de cinq enfants et vice-président du conseil paroissial. « Les gens sont en colère à cause de cela. Beaucoup d’entre eux l’ont mal pris, même s’ils sont conscients de la situation sanitaire. C’est parce que les gens d’ici sont très religieux et qu’ils n’acceptent pas facilement les restrictions imposées sur leur vie de foi. » Malgré les restrictions du gouvernement, il estime que plusieurs milliers de pèlerins pourraient tenter de venir au sanctuaire le 30 octobre. « Nous avons entendu que dans plusieurs paroisses, des groupes se préparent à venir. Nous craignons de voir arriver entre 5 000 et 6 000 personnes malgré les consignes. S’ils arrivent au sanctuaire, nous demanderons à la police d’autoriser l’accès à un maximum de pèlerins », précise-t-il. Le sanctuaire a été construit en 1997, en réponse à l’appel du pape Jean-Paul II à entreprendre un « pèlerinage de foi » avant le jubilé de l’an 2000. Des pèlerinages ont commencé à être organisés au sanctuaire l’année suivante, en 1998. Le sanctuaire est devenu de plus en plus populaire, grâce à des témoins parlant de miracles accordés par l’intercession de Marie, avec notamment des guérisons de malades.

(Avec Ucanews, Dacca)


CRÉDITS

Eltush Nokrek