Eglises d'Asie

Sylhet : l’Église locale appelle le gouvernement à protéger les droits territoriaux des peuples indigènes

Publié le 04/03/2021




Le 20 février à Nunchhara, dans le nord-est du Bangladesh, un conflit territorial a opposé des villageois Khasi à un groupe de Bengalis musulmans et de fonctionnaires du département forestier local. La confrontation a fait une dizaine de blessés parmi les indigènes, majoritairement chrétiens. Bobrin Tungpeyar, chef du village, affirme que les autorités forestières cherchent à exploiter leurs terres. Le père Joseph Gomes (OMI), de la paroisse de l’Immaculée-Conception, dont dépend le village de Nunchhara, est intervenu en appelant les autorités à protéger leurs droits territoriaux.

Des femmes Khasi devant des feuilles de bétel, dans le district de Moulvi Bazar, dans le nord-est du Bangladesh.

L’Église bangladaise a appelé le gouvernement à mieux protéger les droits territoriaux des populations indigènes, et à former une commission territoriale spécialement dédiée aux habitants indigènes. Le 20 février, un groupe de bengalis musulmans et de fonctionnaire du département des Forêts s’est confronté à un groupe indigène Khasi du village de Nunchhara, dans le sous-district de Kulaura (district de Moulvi Bazar, dans la division de Sylhet, dans le nord-est du Bangladesh). Plusieurs chrétiens indigènes ont été blessés durant la confrontation. Entre 20 et 25 hommes armés de bâtons ont attaqué le village afin de saisir les terres, occupées par les villageois Khasi depuis plusieurs décennies. Bobrin Tungpeyar, chef du village, explique qu’au cours de l’année dernière, « le département forestier a cherché à occuper nos terres et à exploiter la forêt en employant des Bengalis habitant le village ». « Mais s’ils font cela, nous perdrons notre seul moyen de subsistance et nous mourrons de faim », ajoute-t-il. « Récemment, nous les avons empêchés d’occuper nos terres ancestrales, et les Bengalis et les autorités forestières ont réagi en nous attaquant avec des bâtons. Au moins dix d’entre nous sont blessés. »

Bobrin Tungpeyar a demandé au gouvernement d’intervenir pour mettre fin au conflit. De son côté, l’Église locale a appelé les autorités à réagir en protégeant davantage les terres des groupes indigènes. « Le problème qu’ils rencontrent n’est pas nouveau. Les groupes indigènes n’ont pas de propriétés foncières. C’est comme ça depuis longtemps. C’est pourquoi le problème ne peut pas être résolu sans l’intervention et la bonne volonté du gouvernement », souligne le père Joseph Gomes, de la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI). Le père Gomes est également vicaire de la paroisse de l’Immaculée-Conception, dont dépend le village de Nunchhara. « Le gouvernement doit intervenir immédiatement afin de trouver le moyen de rendre leurs terres aux villageois indigènes. De telles attaques sont inacceptables. Nous demandons également aux autorités de régler ce conflit et de protéger les droits de l’homme », confie le prêtre.

De son côté, le département des Forêts a nié les accusations. « Nous nous sommes rendus sur place au nom du gouvernement, et non pour attaquer. Au contraire, ce sont les villageois Khasi qui nous ont attaqués, et les Bengalis locaux ont résisté. Nous avons porté plainte auprès de la police locale pour obstruction au travail du gouvernement », a déclaré Abu Bakar Siddique, responsable du département forestier du district de Moulvi Bazar. Dans le nord-est du pays, les expropriations territoriales, les expulsions et autres violences visant les Khasi ne sont pas rares. Ces dernières années, la communauté indigène a été visée par une série d’attaques. Les Khasi sont un groupe ethnique matrilinéaire mongoloïde habitant principalement le Bangladesh et le nord-est de l’Inde. Au Bangladesh, où ils habitent des villages forestiers appelés punjee, ils sont environ 40 000, majoritairement chrétiens, et vivent principalement de la culture de bétel.

(Avec Ucanews, Dacca)


CRÉDITS

Mintu Deshwara