Eglises d'Asie

Un glissement de terrain met en évidence les dangers de l’industrie du jade

Publié le 25/04/2019




Un glissement de terrain s’est produit le 22 avril dans la région minière de Hpakant, dans l’État Kachin dans le nord de la Birmanie. Au moins quatre mineurs ont péri dans l’accident, et 50 ouvriers sont encore portés disparus, ensevelis par le lac de boue formé par la catastrophe. Selon Mgr Francis Daw Tang, évêque de Myitkyina dans l’État Kachin, les accidents sont fréquents dans les mines de la région, à cause des mauvaises conditions d’extraction, du manque de transparence et de la corruption. Le 21 novembre 2015, 110 mineurs avaient été victimes d’un glissement de terrain, la plus grande catastrophe minière survenue dans la région.

Le dernier glissement de terrain qui s’est produit, le 22 avril, dans une mine de jade de l’État birman du Kachin, met en évidence l’urgence de revoir les règles en vigueur de l’industrie minière dans le pays. Mgr Francis Daw Tang, évêque de Myitkyina, affirme que les ouvriers ensevelis dans la catastrophe du 22 avril paient le prix du laxisme du secteur de l’exploitation du jade dans la région. « Le gouvernement essaie d’améliorer les normes et les règles de l’industrie, mais il s’expose à des pratiques archaïques et au manque de transparence », ajoute Mgr Francis Daw Tang. Sur 54 mineurs disparus, les corps de quatre d’entre eux ont été retrouvés et 50 ouvriers sont encore portés disparus, avec très peu de chance de survie. Selon le quotidien birman officiel Global New Light of Myanmar, lundi soir, dans la région minière de Hpakant, les mineurs et une quarantaine de véhicules ont été ensevelis par un immense « lac de boue », provoqué par le glissement de terrain. « Quatre corps ont été retrouvés le 23 avril, et 50 sont toujours disparus », explique le quotidien birman. La Ja, un catéchiste de Hpakant, confie qu’un autre accident est survenu dans la nuit du 23 avril, et que deux autres personnes ont été emmenées à l’hôpital. II ajoute que la police et les pompiers sont intervenus dans la mine et que les recherches sont toujours en cours. « Cet accident est dû aux mauvaises conditions d’extraction des sociétés minières », affirme La Ja, de l’ethnie Kachin.

Les glissements de terrain et autres accidents sont fréquents dans les mines de jade de Birmanie. L’industrie lucrative est gravement affectée par la corruption généralisée et le manque de transparence. Le pire accident minier dans la région remonte à un glissement de terrain, le 21 novembre 2015, qui a entraîné la mort de 110 ouvriers. Ainsi, les quelques décennies de conflits ethniques qui ont frappé le nord du pays ont été aggravées par la lutte pour les ressources naturelles comme le jade, le bois, l’ambre, l’or ou l’énergie hydraulique. Par ailleurs, plus de 100 000 habitants sont encore déplacés depuis la reprise des conflits ethniques en 2011. En 2014, la valeur estimée de l’extraction du jade s’élevait à 31 milliards de dollars, soit près de 50 % du PIB du pays selon l’ONG Global Witness. Ces pierres sont vendues en grande partie – 60 à 80 % – clandestinement et exportées en Chine, tandis que la majorité des revenus générés vont dans les poches des militaires, selon le rapport de l’ONG.

(Avec Ucanews, Mandalay)


CRÉDITS

Saimawnkham