Eglises d'Asie

Une nouvelle enquête indépendante annoncée sur les attentats du 21 avril

Publié le 24/09/2019




Le président sri-lankais Maithripala Sirisena a nommé une commission de cinq membres, chargée d’enquêter et de faire avancer les choses à propos des attentats du dimanche de Pâques. Cette première enquête sur les attaques suicides a été annoncée après de multiples demandes de la part de la conférence des évêques du Sri Lanka et du cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, qui insistaient pour le lancement d’une nouvelle commission indépendante depuis déjà plusieurs mois. Depuis le 21 avril, les évêques continuent d’appeler le gouvernement à répondre à leur demande de toute urgence.

Le mémorial de l’église Saint-Sébastien de Katuwapitiya, à Negombo, porte les noms des victimes de l’attentat du dimanche de Pâques.

Le 21 septembre, le président sri-lankais Maithripala Sirisena a nommé une nouvelle commission de cinq membres, dirigée par un juge de la Cour d’Appel, afin d’enquêter sur les attentats du dimanche de Pâques. La décision a été annoncée plusieurs semaines avant la date des prochaines élections présidentielles, prévues le 16 novembre. La tâche de la commission sera de mener une enquête complète et impartiale, et d’identifier les personnes ou les organisations directement ou indirectement liées aux atrocités commises il y a cinq mois. Les sept attaques suicides coordonnées ont été lancées contre trois églises, trois hôtels de luxe et un complexe immobilier, tuant 259 personnes dont 37 étrangers. La commission a également été chargée d’identifier les policiers et les fonctionnaires qui ont mal fait leur travail. Maithripala Sirisena a déclaré que de nombreuses plaintes et accusations ont été déposées contre des fonctionnaires publics, qui ont été accusés d’avoir des liens directs ou indirects avec les attentats qui ont entraîné la perte de tant de vies et tant de blessés, et de nombreux dégâts matériels. « C’est une urgence, pour la sécurité et le bien public, de mener des enquêtes sur ces plaintes, ces accusations et ces informations, afin d’identifier les mesures adaptées et d’assurer que la loi soit correctement appliquée », a poursuivi le président. L’une des accusations lancées contre la police et les forces de l’ordre est d’avoir ignoré les rapports des services de renseignements et de n’avoir pas protégé les églises.

« De tels actes allégués ne se reproduiront plus »

Suite aux attaques, Hemasiri Fernando, le secrétaire à la Défense, a démissionné, et Pujitha Jayasundara, chef de la police, a été renvoyé. « De tels actes allégués ne se reproduiront plus, ni de telles omissions, ni de telles négligences, ni de tels abus d’autorité ou de pouvoir », a souligné le président sri-lankais. Maithripala Sirisena a affirmé un peu plus tôt que des réseaux internationaux de trafiquants de drogues sont derrière les attentats alors qu’il avait annoncé son intention de réintroduire la peine capitale pour les trafiquants. Le président a demandé à la commission de remettre un rapport provisoire dans les trois mois, et un rapport final dans les six mois, ce dernier devant inclure les conclusions et les recommandations de la commission. Pour l’Église catholique au Sri Lanka, si les informations fournies par les services de renseignements avaient été correctement transmises avant les attaques, les autorités de l’Église locale auraient pu annuler les célébrations du dimanche de Pâques afin d’éviter un destin tragique. L’Église sri-lankaise continue d’affirmer que cette inaction devant des informations essentielles était une violation des libertés fondamentales. Le cardinal Malcolm Ranjith a confié qu’il ne pouvait plus faire confiance à la justice sri-lankaise à propos des victimes des attentats du 21 avril, après de nombreuses demandes insistant pour faire toute la vérité sur les attaques. Le cardinal a poursuivi en assurant qu’il ne baisserait pas les bras, tant que les chrétiens qui ont été massacrés alors qu’ils priaient n’auront pas obtenu justice. Une commission sélectionnée par le Parlement avait déjà été nommée à propos des attaques, et son rapport doit être remis le mois prochain. Plus de 170 suspects ont été détenus et interrogés, et 115 autres suspects sont toujours incarcérés. Manuel Fernando, un homme d’affaires qui a survécu aux attentats alors qu’il se trouvait dans l’une des trois églises visées, l’église Saint-Sébastien de Katuwapitiya, explique que lui-même et les autres paroissiens ne croient pas que l’enquête puisse progresser durant la campagne présidentielle. « Encore une commission indépendante. À quel point peuvent-ils être indépendants ? Qu’est-il arrivé au premier rapport ? »

(Avec Ucanews, Colombo)