Eglises d'Asie

Une nouvelle étude alerte sur la déforestation et le déclin de la faune sauvage en Asie du Sud-Est

Publié le 05/11/2020




Le nouveau rapport « Planète vivante 2020 » du WWF (Fonds mondial pour la nature), publié le 10 septembre dernier, alerte sur le déclin de la faune sauvage, notamment en Asie du Sud-Est où la déforestation et la pêche intensive mettent en danger l’écosystème. La région compte près de 15 % des forêts tropicales. En 2013, selon l’université Nanyang de Singapour, la région comptait le plus fort taux de déforestation parmi l’ensemble des régions tropicales, avec une perte annuelle d’1,2 %. Depuis l’encyclique Laudato Si, publiée en 2015, l’Église a lancé de nombreuses initiatives locales pour réagir contre cette tendance.

Selon un rapport bisannuel publié récemment par le WWF (Fonds mondial pour la nature), intitulé « Planète vivante 2020 », l’activité humaine et l’exploitation agricole ou maritime intensive ont affecté la biodiversité naturelle de façon inquiétante, en mettant en danger des millions d’espèces animales, de plantes et d’insectes, qui risquent d’être menacées d’extinction au cours des prochaines décennies. Le nouveau rapport, publié tous les deux ans, résume l’état actuel de la faune sauvage et de la flore dans le monde, en se basant sur les constats et les analyses des experts. Parmi les régions les plus touchées se trouve l’Asie du Sud-Est, menacée par l’augmentation du taux de déforestation dans la région, ce qui affecte dangereusement les espèces animales et la flore locale. Le déclin de la biodiversité constaté par l’organisation est dû à une série de facteurs dont la pollution, l’augmentation des espèces invasives, la chasse et la pêche intensives et le changement climatique. Ces domaines alertent le pape François depuis de nombreuses années, notamment avec la publication de l’encyclique Laudato Si en 2015. Depuis, l’Église catholique en Asie a sensibilisé la population locale et lancé de nombreuses initiatives notamment par l’intermédiaire des Caritas et organisations catholiques locales.

Selon le nouveau rapport 2020, l’Asie du Sud-Est est également affectée par les trafics d’animaux sauvages, sources de profits considérables dans la région. Les demandes principales viennent de Chine, où se trouverait actuellement l’épicentre du trafic d’espèces exotiques, que ce soit pour un usage domestique, alimentaire ou médical. Selon le rapport, la première cause affectant la biodiversité en Asie du Sud-Est ces dernières années est la transformation des forêts, prairies et mangroves en terres agricoles. De même, l’exploitation sans limites des océans doit être soulignée, selon l’organisation. En Asie, le WWF cite « la déforestation et la surexploitation maritime » comme les premières raisons de déclin de l’écosystème dans la région. L’Asie du Sud-Est compte près de 15 % des forêts tropicales à travers le monde ; c’est aussi l’un des épicentres mondiaux de déforestation. Le 20 juillet, le site Mongabay.com, spécialisé sur les sciences environnementales, l’énergie et l’architecture écologique, a souligné que la déforestation en Asie du Sud-Est avait été largement sous-estimée. Par ailleurs, selon l’Université Technologique Nanyang de Singapour, en 2013, la région comptait le plus fort taux de déforestation parmi l’ensemble des grandes régions tropicales, avec une perte annuelle d’1,2 %, suivie par l’Amérique latine et l’Afrique. En mai 2019, selon l’université, l’Asie du Sud-Est était également l’une des principales zones à risque, notamment à cause de la destruction de régions forestières entières en vue de la production intensive d’huile de palme. Des rapports publiés par des organisations indépendantes affirment également que de nombreuses personnalités cambodgiennes, indonésiennes, malaisiennes et philippines « profitent de leurs positions dominantes » et ne se préoccupent « pas le moins du monde » de la déforestation.

(Avec Asianews, Bangkok)


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Matt Mangum / Flickr