Eglises d'Asie

Une nouvelle paroisse en périphérie de Dacca, un signe de la « présence du Christ auprès des migrants »

Publié le 29/11/2019




Le 24 novembre, une nouvelle paroisse a été inaugurée dans l’archidiocèse de Dacca, la capitale bangladaise. Pour Mgr George Kocherry, nonce apostolique, qui présidait la célébration dans l’église de la Miséricorde Divine, aux côtés du cardinal Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca, et d’une vingtaine de prêtres de l’archidiocèse, cette nouvelle paroisse est un signe de la vitalité de l’Église catholique dans le pays. À l’issue de la célébration, Mgr Kocherry a confié un ostensoir offert par le pape François au père Brien C. Gomes, 40 ans. Ce dernier évoque « la joie des fidèles du quartier, qui compte près de 8 000 catholiques, et qui ont désormais leur propre paroisse après plus de 40 ans d’attente ».

« Les paroissiens du quartier ne seront plus forcés de parcourir des kilomètres pour pouvoir prier et recevoir les sacrements », s’est réjoui le père Gomes, à l’issue de l’inauguration de la nouvelle paroisse de la Miséricorde Divine, en périphérie de Dacca. Le prêtre y voit un signe de la vitalité de l’Église au Bangladesh, jusqu’aux périphéries. La cérémonie était présidée par Mgr George Kocherry, nonce apostolique, et concélébrée par le cardinal Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca, aux côtés d’une vingtaine de prêtres de l’archidiocèse. Près de 900 catholiques étaient présents, ainsi que quelques musulmans et responsables religieux. La fondation d’une nouvelle paroisse dans un pays majoritairement musulman est « un signe positif de l’harmonie et du dialogue interreligieux », souligne le père Brien C. Gomes, 40 ans, curé de la paroisse. Celle-ci est située dans le district de Gulshan, où se trouvent beaucoup d’ambassades ; le quartier est également marqué par la présence de nombreux migrants. Le prêtre explique qu’on y compte « au moins mille familles catholiques, majoritairement des membres des populations tribales convertis au christianisme, et originaires de diverses régions du pays ». « Nous avons une communauté Garo du diocèse de Mymensingh, ainsi que des membres de la tribu Santhal, des Oraos de Rajshahi, et des Bengalis des régions de Khulna et de Barisal. La plupart des parents de la paroisse ont fait peu d’études et travaillent comme domestiques, dans les centres de beauté, comme ouvrier ou encore comme fonctionnaires. Les enfants peuvent quant à eux aller à l’école et ont un meilleur niveau d’éducation », explique le père Gomes.

C’est dans le district de Gulshan qu’a eu lieu l’attentat, en 2016, commis par un commando islamiste contre un restaurant fréquenté par les étrangers ; 22 personnes ont été tuées au total, en comptant les clients et le personnel. Pourtant, le prêtre explique que dans ce quartier, « nous sommes entourés de nombreuses personnes d’autres religions, mais nous n’avons pas reçu de menaces ». Auparavant, cette église était une antenne de la paroisse du Saint-Rosaire de Tejgaon. Les principales difficultés de la paroisse, explique le prêtre, « sont liées au manque de terrains, aux mariages mixtes entre divers groupes ethniques, et aux relations sexuelles prémaritales ». « Par exemple, dans la culture Garo, il y a une tradition particulière selon laquelle deux jeunes sont automatiquement mariés s’ils passent une nuit ensemble, même en l’absence de cérémonie civile ou religieuse. C’est une pratique répandue, et que nous essayons de combattre en changeant les mentalités, en leur expliquant la valeur du mariage. Nous insistons sur l’importance des valeurs éthiques et morales, et nous encourageons la participation aux cours de catéchisme qui sont destinés à tous, pour mieux répandre les enseignements de l’Évangile. » L’objectif est de « soutenir la spiritualité des fidèles, pour qu’ils évitent de prendre de mauvaises voies, et qu’ils aient une vie plus juste ». Pour cette raison, « le travail des catéchistes est important », souligne-t-il, en précisant qu’il y en a deux pour l’instant, un Bengali et un Garo. Parmi les initiatives qu’il souhaite développer à partir de 2020, il cite « les visites aux familles, la création d’un groupe de jeunes et d’un lieu où ils peuvent partager leurs expériences de vie et de foi ». Concernant le dialogue avec les autres religions, le père Gomes soutient que « l’Église au Bangladesh se préoccupe des besoins des musulmans et des personnes indigènes. Les chrétiens aiment tout le monde, avec compassion ». « Nous espérons que notre communauté grandira. Nous aimerions construire une plus grande église, parce que le bâtiment actuel ne peut pas accueillir tous les paroissiens, et un centre spirituel pour la préparation aux sacrements », ajoute-t-il.

(Avec Asianews, Dacca)


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