Eglises d'Asie – Thaïlande
Une organisation thaïlandaise lance un programme éducatif auprès des enfants des rues
Publié le 05/06/2020

« Seuls 30 % des enfants sont des locaux, les autres viennent d’autres régions. Tous viennent de familles pauvres et sont sans éducation. Certains consomment de la drogue et de l’alcool ou fument des cigarettes. La plupart d’entre eux se rassemblent dans les parcs », ajoute-t-elle. Les enseignants tentent de les approcher amicalement afin de les convaincre peu à peu d’aller à l’école pour apprendre un métier et atteindre un meilleur niveau de vie. Ils peuvent choisir entre l’éducation obligatoire ou une formation professionnelle. Le but du programme est de permettre au plus grand nombre de pouvoir recevoir une éducation et d’avoir une vie meilleure. Ashi, qui a fui l’orphelinat à l’âge de neuf ans, a vécu au marché Waroros jusqu’à l’âge de 21 ans. « J’ai fui l’orphelinat parce que je voulais être libre. Il y avait beaucoup de règles et je voulais être seul », explique-t-il. « Mademoiselle Daosanun, l’enseignante, m’a convaincu d’aller à l’école. Au début, je n’étais pas intéressé, mais après bien des hauts et des bas, j’ai grandi et j’ai compris que seule une éducation pouvait me permettre d’apprendre un métier. Je suis donc allé voir mademoiselle Daosanun, qui m’aide à avancer. » Thongpoon Buasri, chef de projet au sein d’une fondation locale, explique que beaucoup d’enfants sont forcés de passer la nuit à mendier, entre 19h et 2h du matin.
3,7 millions d’enfants dans les rues thaïlandaises
« Aujourd’hui, ils rencontrent de plus en plus de difficultés, surtout les enfants des migrants qui vivent et travaillent en Thaïlande », explique-t-elle. « Le problème, c’est qu’ils n’ont pas pu poursuivre leur éducation durant de longues périodes ni recevoir de soins. En Thaïlande, on compte au moins 50 000 enfants des rues d’origine cambodgienne, birmane et vietnamienne, y compris des Rohingyas. C’est un vrai défi pour ceux qui travaillent auprès des enfants des rues. » Progressivement, beaucoup d’ONG, d’organisations caritatives et d’enseignants travaillant auprès des enfants des rues ont dû renoncer à cause du manque de dons pour les enfants démunis. Le directeur estime qu’on compte au moins 3,7 millions d’enfants démunis ou abandonnés dans les rues thaïlandaises, et qui ne reçoivent pas d’éducation. Ainsi, la grand-mère d’une fille de onze ans qui l’aide à vendre des guirlandes de fleurs dans la rue explique : « Quand ma petite-fille vend des guirlandes, les gens les lui achètent par pitié. Je n’ose pas la laisser seule à cause des gens qui pourraient essayer de l’enlever et à cause du danger des voitures. »
(Avec Asianews, Bangkok)
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