Vote de la loi sur l’hymne national chinois : plus de 3 000 policiers devant le parlement hongkongais
Publié le 28/05/2020
Mercredi, près de 3 500 policiers étaient déployés devant le Conseil législatif de Hong-Kong (Legco), dans le quartier de l’Amirauté, pour empêcher toute action et tentative d’interruption des débats, alors que le vote en seconde lecture de la loi sur l’hymne national chinois était en cours. Si la loi passe, toute offense envers l’hymne est passible d’une amende de 50 000 dollars hongkongais (8 863 euros) ou d’une peine jusqu’à trois ans de prison. Trente syndicats et une vingtaine d’écoles du secondaire avaient appelé à la grève afin de protester contre la loi, jugée comme une nouvelle tentative de répression des libertés civiles à Hong-Kong par Pékin, qui y veut également y imposer sa loi sur la sécurité nationale.
Ce mercredi 27 mai, au moins 3 500 policiers, dont beaucoup vêtus d’équipements antiémeutes, étaient dans le quartier de l’Amirauté, où se trouve le Conseil législatif de Hong-Kong (Legco), afin de bloquer toute action et tentative d’empêcher les discussions et le lancement d’une loi sur l’hymne national chinois. Si la loi est votée, toute personne surprise à offenser ou détourner l’hymne chinois sera passible d’une amende de 50 000 dollars hongkongais (8 863 euros) et d’une peine jusqu’à trois ans de prison. La majorité de la population considère cette loi comme une autre exigence de Pékin qui, avec la loi imminente sur la sécurité nationale, cherche à réprimer les libertés civiles à Hong-Kong. En protestation, hier, au moins trente syndicats et vingt écoles du secondaire ont appelé à la grève pour tenter d’empêcher la loi de passer. Depuis le matin du 27 mai, la police a protégé le quartier du parlement avec des barrières et des barbelés, en bloquant les rues qui y mènent depuis le métro et en vérifiant l’identité des passants voulant aller travailler. Dans la matinée, la police a arrêté au moins seize personnes âgées entre 14 et 40 ans. Tous étaient accusés de porter des armes blanches comme des tournevis, des ciseaux, des câbles, des lames ou même des cocktails Molotov. Certains gestes de protestation ont également été rapportés en ville : des clous jetés sur la route, des véhicules roulant lentement dans des tunnels, des portes de métro bloquées… Au moins une centaine de jeunes se sont rassemblés dans le centre commercial de Hysan Place, à Causeway Bay, pour y organiser un flashmob.
Ils ont occupé deux étages du centre en chantant l’hymne des manifestants hongkongais (« Gloire à Hong-Kong ») et des slogans comme « Libérer Hongkong, une révolution de notre temps » ou « Hong-Kong autodéterminée et indépendante ». Des slogans vus comme des provocations par Pékin, qui prépare une loi sur la sécurité nationale afin d’empêcher les « tentatives de sécession ». « Nous sommes forcés de militer pour l’indépendance, parce que le gouvernement reste sourd à nos demandes », explique un des jeunes présents. Ce mercredi, il semble qu’il était presque impossible d’assister aux débats du Legco : seuls cinq sièges avaient été réservés au public, tous occupés. Carol Ng Man-yee, présidente de la Confédération des syndicats de Hong-Kong (HKCTU), qui voulait pouvoir assister au vote en seconde lecture de la loi sur l’hymne national chinois par le parlement hongkongais, a accusé la police d’avoir volontairement réduit le nombre de sièges disponibles. « Cela prive le public du droit de savoir », a-t-elle dénoncé, interrogée par le quotidien South China Morning Post. « La forte présence policière dans les rues aujourd’hui n’est pas que pour maintenir la sécurité, mais aussi pour effrayer les gens et les faire taire », affirme-t-elle. Le vote final de la loi sur l’hymne national chinois est prévu pour le 4 juin – le jour où chaque année, de nombreux Hongkongais commémorent les victimes du massacre de la place Tiananmen du 4 juin 1989 au Victoria Park. Cette année, l’événement ne pourra peut-être pas avoir lieu en raison des mesures sanitaires en vigueur.
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