Eglises d'Asie

Wuhan : les experts de l’OMS débutent leur mission malgré un manque de coopération des autorités chinoises

Publié le 02/02/2021




Le 31 janvier, l’association CHRD (Chinese Human Rights Defenders) a publié un rapport affirmant que les autorités chinoises continuent de réprimer et contrôler l’opinion et le débat public sur la gestion de la pandémie dans le pays, alors que les experts de l’OMS continuent leur mission d’investigation. Le 31 janvier, sous surveillance policière, ils ont visité le marché aux fruits de mer de Huanan, d’où seraient venus les premiers cas. Les enquêteurs ont également demandé à pouvoir accéder à deux laboratoires épidémiologiques. Toutefois, de nombreux observateurs doutent que Pékin acceptera de coopérer pleinement.

Selon le dernier rapport de l’organisation CHRD (Chinese Human Rights Defenders), publié le 31 janvier, les autorités chinoises continuent de réprimer les critiques sur la gestion de la pandémie dans le pays, et ce malgré la présence des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Wuhan, où ces derniers peuvent enfin enquêter sur les origines du coronavirus. Hua Xiuzhen, une habitante de Shanghaï, est portée disparue depuis le 13 janvier, après avoir été arrêtée dans le district de Yangpu. Hua avait appelé à une plus grande transparence du gouvernement sur les programmes de vaccination. Une déclaration similaire a également été revendiquée par He Fangmei, un citoyen du Henan, également porté disparu depuis octobre 2020. Tous deux ont des enfants qui auraient souffert d’effets secondaires graves après l’injection d’un vaccin défectueux.

La répression du gouvernement concernant l’information publique sur la pandémie touche aussi les journalistes. Zhang Zhan, une journaliste qui a couvert le confinement strict à Wuhan, a été condamnée à quatre ans de prison pour « troubles à l’ordre public ». Ses collègues Fang Bin et Chen Qiushi ont également été portés disparus depuis quelque temps. Chen Mei et Cai Wei, deux militants qui ont tenté de divulguer des informations censurées par les autorités, sont toujours détenus. Xu Zhiyong et Ding Jiaxi sont également en prison pour avoir critiqué la façon dont le président chinois Xi Jinping a géré la crise sanitaire. Tous deux sont des figures centrales du Mouvement des nouveaux citoyens (Xin Gongmin Yundong), un mouvement d’opposition politique informel.

La mission de l’OMS à Wuhan entravée

Le régime de Pékin a également visé plusieurs avocats spécialistes des droits de l’homme. Le 15 janvier, Lu Siwei a vu sa licence d’avocat révoquée. Un de ses collègues, Ren Quanniu, fait également face à une enquête disciplinaire. Tous deux ont défendu 12 des activistes à la tête du mouvement pro démocratie hongkongais, arrêtés à Guangdong en août dernier. Un autre avocat, Xi Xiangdong, risque lui aussi de voir sa licence révoquée : il a représenté plusieurs familles abusées par les autorités, en plus d’avoir défendu Wang Quanzhang, avocat et défenseur des droits de l’homme. Guo Feixiong, prisonnier d’opinion détenu pendant six ans et placé sous surveillance policière constante depuis sa libération en août 2019, a également disparu depuis le 29 janvier. Il avait commencé une grève de la faim le 28 janvier, et il se trouvait à l’aéroport de Pudong au moment de sa disparition. Les autorités l’avaient averti de ne pas rejoindre sa femme, atteinte d’un cancer et vivant aux États-Unis.

La répression du gouvernement se poursuit alors que les experts de l’OMS continuent de rassembler des informations sur la propagation du Covid-19 à Wuhan, où les premiers cas sont apparus. Le 31 janvier, sous surveillance policière étroite, les 14 experts ont visité le marché aux poissons de Huanan, d’où seraient venus les premiers cas. Les enquêteurs ont également demandé à pouvoir accéder à deux laboratoires épidémiologiques de Wuhan. Toutefois, de nombreux observateurs doutent que le gouvernement chinois acceptera de coopérer pleinement avec les experts de l’OMS. Des proches de victimes à Wuhan ont aussi demandé à pouvoir rencontrer les enquêteurs, mais les autorités ont ignoré leurs requêtes – un obstacle de plus à la mission internationale en cours.

(Avec Asianews, Pékin)


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