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Tibet : une lutte pour le pouvoir entre des chefs religieux fait le jeu de Pékin

18 mars 2010
La presse chinoise donne une grande place à un différend survenu entre moines au sujet de la réincarnation de l’un des chefs les plus puissants du bouddhisme tibétain, le seizième Gyalwa Karmapa. Le Karmapa est le chef de l’ordre Karma Kagyu, dont le siège était au monastère Tsurphu de Lhassa, jusqu’à l’entrée des troupes chinoises au Tibet en 1959. Le seizième Karmapa s’enfuit alors et alla établir son quartier général d’exil au monastère de Rumtek au Sikkim. Il mourut en 1981. En 1992 deux régents du monastère de Rumyek, Tai Situpa et Gyaltsap, identifièrent comme la réincarnation du seizième Karmapa un garçon âgé de sept ans qui vivait au Tibet, Ugyen Thinlay Dorji. Le conflit actuel est survenu quand un troisième régent, Sharmapa Rimpoche, a identifié un nommé Tehzing Chentze comme le vrai Karmapa réincarné. Dans un communiqué reproduit par l’agence Chine nouvelle, le monastère de Tsurphu affirme que Dorji est le dix-septième Karmapa et taxe de fraude montée avec des documents fabriqués la désignation de son rival. Sharmapa aurait fait son choix sans consultation avant de faire passer son candidat hors du Tibet.


Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises rend visite à l’Eglise protestante de Chine


Pour la première fois depuis que, en 1991, le Conseil chrétien de Chine est devenu membre du Conseil oecuménique des Eglises, le secrétaire général de cet organisme, Conrad Raiser, a rendu visite aux Eglises protestantes et aux organisations apparentées à Pékin, Shanghai et Nankin. Il a déclaré le 12 mai 1994 à Hongkong, à l’issue d’un voyage de dix jours sur le continent, que les préoccupations et les besoins de l’Eglise de Chine, les réglementations gouvernementales en matière de religion, la situation des femmes dans l’Eglise avaient été au centre de ses entretiens. Il s’est dit très impressionné par les témoignages recueillis.


UNE INTERVIEW DE MGR ALOYSIUS JIN LUXIAN « La Chine et le Vatican ne se comprennent pas assez »


Quels obstacles demeurent à une reprise des relations diplomatiques entre la Chine et le Vatican ?


Quinze professeurs de séminaire sont venus en Europe étudier la formation des candidats au sacerdoce


Un groupe de quinze prêtres chinois accompagné de l’évêque « officiel » de Pékin, Mgr Michel Fu Tieshan, a fait une tournée européenne qui les a menés d’abord en Belgique puis en France au mois de mai 1994. Le 15 mai, ils avaient reçu la permission officielle de Pékin pour concélébrer avec le pape à la cathédrale de Bruxelles à l’occasion de la béatification du Père Damien. Le Vatican avait aussi donné son accord. Bien que la cérémonie ait été supprimée à cause de l’indisponibilité de Jean-Paul II, on peut penser que les permissions accordées tant à Rome qu’à Pékin constituent un « geste » mutuel de bonne volonté. Il indique sans doute que les négociations continuent entre les deux parties. Il ne signifie pas nécessairement que ces négociations ont franchi une étape importante. Il faut noter en effet que l’évêque de Pékin n’est arrivé à Bruxelles que le 16 mai et n’était donc pas prévu dans la concélébration de la veille.


Des catholiques ressentent le récent décret sur les lieux de culte comme une menace supplémentaire pour leur liberté


Selon une source catholique du Hebei, au nord de la Chine, la nouvelle réglementation publiée le 31 janvier 1994 par le Conseil d’Etat pour l’administration des lieux de culte (3) relance les mesures prises contre les prêtres et les laïcs qui refusent de rejoindre l’Eglise « ouverte » approuvée par le gouvernement. Car au lieu d’aller dans une église administrée par l’Eglise « ouverte », ces prêtres et ces fidèles « clandestins » se réunissent en privé, chez eux, surtout ceux qui habitent la ville. Que ce soit durant une messe, un cours de catéchisme ou une récollection spirituelle, ils risquent des descentes de la police et des arrestations si l’endroit n’est pas conforme à la réglementation officielle. C’est ce qui vient de se passer à Shanghai, selon la même source, le jour de Pâques. Un prêtre clandestin célébrait la messe chez des catholiques. La police est arrivée et a confisqué tout ce qu’il y avait sur l’autel, sauf l’eucharistie.


Les élèves en grève du séminaire de Chengdu lancent un appel au secours


Les élèves du séminaire régional de Chengdu, province du Sichuan, qui ont choisi au mois d’avril de rentrer chez eux viennent d’envoyer une lettre à leurs frères prêtres et séminaristes de Chine. Ce message, nous a dit l’un d’eux, « est le seul moyen que nous avons de dire notre détresse et de chercher un soutien ».


Un prêtre est prié par l’autorité diocésaine de quitter la direction d’un mouvement politique


Le mouvement des étudiants protestataires de Pékin de 1989 a trouvé un écho à Hongkong grâce à l' »Alliance de soutien au mouvement patriotique et démocratique », dont le Père Louis Ha, directeur du bureau catholique des communications sociales, a été jusqu’à une date récente l’un des animateurs. A la demande du cardinal Wu, le Père Louis Ha n’a pas fait acte de candidature à la prochaine réélection du comité exécutif de l’Alliance. Sans cesser d’aider l’Alliance en collectant des documents et des photos, le prêtre ne prendra plus la tête de ses manifestations. En outre le bureau des communications sociales qu’il dirige n’aura plus à jouer le rôle de porte-parole du diocèse.


Les librairies privées se sont multipliées à travers le pays


Selon des sources chrétiennes de Hongkong, le commerce privé du livre connaît une expansion sans précédent en Chine. Les librairies non contrôlées par l’Etat se sont multipliées. Dans l' »économie de marché socialiste », les librairies d’Etat souffrent de plus en plus de la concurrence de ces entreprises privées. En 1993, 13 579 librairies d’Etat ont ainsi été obligées de fermer leurs portes.


Un prêtre catholique a été nommé conseiller pour les affaires du territoire par le gouvernement chinois


Le P. Jean-Baptiste Tsang, curé de la cathédrale et ancien vicaire général du diocèse, a été nommé conseiller du gouvernement chinois pour les affaires de Hongkong. En 1992, un anglican, le rév. Pierre Kwong Kong-kit, et un moine bouddhiste, le rév. Sik Kwok-kong, avaient été déjà nommés à ce poste.


Le directeur du Bureau des affaires religieuses explique la signification de la nouvelle réglementation religieuse


Le Renmin Ribao, quotidien officiel du Parti communiste, a publié le 3 avril 1994 une interview du directeur du Bureau des affaires religieuses à propos de la nouvelle réglementation religieuse de janvier 1994 (2). Il commence par expliquer que le propos de cette nouvelle loi est de « systématiser » la politique gouvernementale en matière religieuse et de renforcer « la démocratie socialiste et le système juridique » du pays. Parlant ensuite des mesures qui concernent l’activité religieuse des étrangers en Chine, il leur voit trois objectifs.