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La libération de l’entrepreneur de Hongkong condamné à deux ans de prison pour avoir importé illégalement des Bibles en Chine est un geste politique destiné aux Etats-Unis

18 mars 2010
Pour différents responsables des milieux chrétiens de Hongkong, l’élargissement, le 9 février dernier, de Lai Kwong-keung pour “raisons médicales” est une décision politique et ne doit pas être interprétée comme un assouplissement de la politique religieuse des autorités chinoises. Le 28 janvier dernier, Lai Kwong-keung, âgé de 38 ans, avait été condamné par un tribunal de la province du Fujian à deux ans de prison fermes alors que l’on avait craint de le voir condamner à la peine capitale avant que les médias occidentaux n’attirent l’attention sur son cas (1). Sa libération, à moins de deux semaines de l’arrivée du président des Etats-Unis à Pékin pour une visite officielle, témoigne du souci du pouvoir chinois de ne pas ternir l’image de son pays et doit se comprendre comme un geste politique, a déclaré en substance le protestant Chan Kim-kwong, secrétaire exécutif du Conseil chrétien de Hongkong.


Au milieu de mille difficultés, les paysans catholiques d’un village tibétain ont gardé leur foi intacte


Dans les montagnes du sud-ouest de la Chine, quelques centaines de Tibétains d’un village lointain, isolé des tur-bulences du monde extérieur, ont su garder intacte la foi reçue de leurs ancêtres. Cette communauté vit à Yanjing, village entouré de hautes montagnes, séparées par d’importants torrents, à l’extrémité sud-est de la Région autonome du Xizang, nom officiel du Tibet en Chine ; le village est tout proche de la frontière avec les provinces du Yunnan et du Sichuan. La plupart des habitants de cette région sont bouddhistes et c’est pourtant dans ce village isolé que la semence de la foi apportée par des missionnaires il y a 150 ans a germé et fleuri. Aujourd’hui, malgré les difficultés et les vicissitudes de l’histoire, le tiers des 800 habitants de Yanjing est catholique (1).


Selon Condoleezza Rice, proche conseillère du président américain, les plus hauts dirigeants chinois ont mis sur pied un groupe de travail sur la religion


On savait que les plus hauts dirigeants de la République populaire de Chine s’étaient réunis au cours du mois de décembre 2001 pour débattre de la place et du rôle des religions dans la société chinoise contemporaine (1). Depuis la visite du président américain George W. Bush en Chine, les 21 et 22 février derniers, on sait qu’un groupe de travail sur la religion travaille à Pékin et rend compte au président chinois Jiang Zemin. L’information a été donnée le 21 février par Condoleezza Rice, proche conseillère du président Bush, lors d’un point de presse. S’adressant aux journalistes, C. Rice a lancé : “Vous savez probablement que le président Jiang a eu un groupe de travail sur la religion” et ajouté que le président Bush “a déclaré que c’était là une opportunité, peut-être, de disposer d’un certain nombre de personnes pour parler des affaires religieuses”.


Une organisation américaine de défense de la liberté religieuse a publié une série de documents secrets des autorités chinoises relatifs à la répression des groupes religieux clandestins


Le 11 février dernier, soit dix jours avant l’arrivée à Pékin du président américain George W. Bush pour une visite officielle en Chine, une organisation de défense des libertés religieuses basée à New York, The Committee for Investigation on Persecution of Religion in China (CIPRC), a rendu public ce qu’elle a présenté comme une série de sept documents secrets des autorités chinoises. Ces documents, issus pour la plupart des bureaux de la Sécurité publique de diverses provinces, se présentent sous la forme de discours ou de notes ; à plusieurs reprises, ils mettent en scène les plus hauts dirigeants du pays. Datés d’avril 1999 à octobre 2001, ils détaillent les mesures prises par les autorités chinoises pour mener la répression contre les mouvements religieux non reconnus officiellement, tels le Falungong ou les Eglises chrétiennes “clandestines”. Selon le CIPRC, ces documents ont été obtenus d’un fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique, à Pékin, ainsi que de plusieurs autres membres de l’appareil de sécurité chinois, qui, tous, sont en fait proches ou sympathisants des mouvements réprimés en question.


La Congrégation pour l’évangélisation des peuples prépare la mise sur pied d’un Centre asiati-que pour aider à la formation des religieuses et du clergé chinois présents à Rome


La Congrégation pour l’évangélisation des peuples, responsable au Vatican du suivi des Eglises dites de mission, travaille à la mise sur pied d’un Centre asiatique dont la forme reste encore à déterminer et dont l’objet premier sera de suivre les affaires chinoises, en particulier les problèmes posés par la formation à Rome et en-dehors de Chine continentale de façon plus générale de séminaristes, novices, prêtres et religieuses chinois. Selon le P. Jean-Baptiste Wu Chung-yuan, secrétaire général de la Conférence des évêques taiwanais, cité par l’agence Ucanews, c’est le cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, qui a évoqué cette perspective le 22 janvier dernier devant les onze évêques taiwanais venus à Rome pour leur visite ad limina. Toujours selon le P. Wu, le cardinal Sepe a demandé à cette occasion au cardinal Paul Shan Kuo-hsi, évêque de Kaohsiung et président de la Conférence épiscopale taiwanaise, de proposer des noms de personnalités susceptibles d’assumer la responsabilité d’un tel centre.




Après des années d’attente, les catholiques de Shenzhen saluent l’inauguration de la première et seule église de la Zone économique spéciale


Après de longues années d’attente, les catholiques de Shenzhen ont enfin pu inaugurer leur première et unique église. L’inauguration de cette église dédiée à St Antoine a apporté beaucoup de joie aux catholiques de Shenzhen parce qu’ils ont maintenant un endroit où se retrouver, ont-ils témoigné le jour de la bénédiction, le 18 décembre dernier. Shenzhen, un ancien village de pêcheurs, à la frontière de Hongkong, est une de ces “zones économiques spéciales” (ZES) créées par la Chine il y a une vingtaine d’années. Un millier de catholiques locaux et 300 catholiques venus de Hongkong assistaient à la bénédiction et à la messe présidée par Mgr Liu Jinghe, évêque de Tangshan, dans la province du Hebei. Concélébraient avec lui Mgr John Huo Cheng, évêque de Fenyang (province du Shanxi), et Mgr Paul Jiang Taoran, évêque de Shijiazhuang (province de Hebei), ainsi qu’une quarantaine de prêtres venus de Hongkong et autres lieux. Mgr Liu, s’exprimant au nom de l’Association patriotique des catholiques chinois et de la Conférence des évêques “officiels” de Chine, a félicité les catholiques de Shenzhen de tout ce qu’ils avaient accompli pour la construction de cette église. Au cours de cette même cérémonie, un responsable du Front uni, organe affilié au Parti communiste chinois, a souligné combien il était important de guider les croyants dans leur attachement au socialisme, leur amour de la patrie et du gouvernement communiste et dans le service des intérêts supérieurs de la nation tout entière. Reprenant les déclarations du président Jiang Zemin faites à la conférence nationale sur la religion du 10 au 12 décembre à Pékin (1), ce responsable a exposé la politique du parti qui vise défendre la nation contre les infiltrations étrangères menées au nom de la religion.


Après avoir risqué sa tête, un chrétien de Hongkong, coupable d’être venu en aide à une Eglise protestante en Chine populaire, n’est finalement condamné qu’à deux années de prison


Le 28 janvier dernier, un tribunal de Fuqing, dans la province du Fujian, a condamné à une peine de deux années d’emprisonnement Lai Kwong-keung, entrepreneur de Hongkong, âgé de 38 ans, pour avoir illégalement importé en Chine, au profit d’un mouvement protestant interdit depuis 1996, 33 000 Bibles. Depuis quelques semaines (1), le cas de ce jeune protestant avait été largement rapporté par la presse internationale et le président américain avait même fait savoir qu’il suivait l’affaire de près. Nul doute que l’attention de la communauté internationale a eu une influence sur le verdict, les autorités chinoises se préparant de plus à recevoir en visite officielle George W. Bush les 21 et 22 février prochains. L’acte d’accusation initial utilisation d’un culte pervers pour saper l’application de la loi aurait en effet pu valoir au jeune protestant 15 années de prison, voire la peine de mort. L’accusation finalement retenue ne concernait plus que des “activités commerciales illégales” et était passible d’une peine maximale de prison de cinq ans. Avec une peine de deux années, les autorités chinoises indiquent qu’elles peuvent se montrer clémentes mais qu’elles ne laissent pas des pressions étrangères dicter leur conduite.


Un responsable politique relativement haut placé préconise un changement de politique religieuse et l’ouverture du Parti communiste aux croyants


Pan Yue, directeur adjoint du Bureau du Conseil d’Etat pour la Restructuration des systèmes économiques, a publié au mois de décembre dernier un article, paru dans deux journaux différents, préconisant un changement de politique religieuse. Intitulé “Quel type de perspective devrions-nous avoir sur la religion : le point de vue marxiste sur la religion doit évoluer avec le temps”, l’article propose que le Parti communiste chinois adopte une politique de plus grande tolérance en matière religieuse et va jusqu’à préconiser l’entrée en son sein de croyants – l’appartenance au Parti ayant toujours eu, jusqu’à ce jour, pour corollaire la profession de l’athéisme.


Les récentes déclarations de hauts dirigeants chinois au sujet de l’administration des religions suscitent des commentaires mitigés chez certains catholiques, “clandestins” en particulier


La réunion des 10, 11 et 12 décembre dernier qui s’est tenue à Pékin et qui a rassemblé les sept membres les plus importants du Bureau politique du Parti communiste commence à susciter des commentaires de la part des milieux concernés. Les dirigeants chinois ont en effet débattu de la place des religions dans la société chinoise actuelle et, selon certaines sources, envisageraient que les mouvements religieux puissent obtenir une existence légale dans le pays sans pour autant devoir passer sous le contrôle des Associations patriotiques (1). Des responsables catholiques ont déclaré à ce propos que tout changement devait être abordé avec prudence et qu’il était nécessaire de régler en premier lieu la question des relations entre la Chine et le Vatican avant d’envisager d’autres points.