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Fujian, Jiangxi, Zhejiang : à l’approche de Pâques, en trois lieux différents, des membres de la partie “clandestine” de l’Eglise catholique ont eu maille à partir avec la police

18 mars 2010
Comme souvent à l’approche des grandes fêtes liturgiques chrétiennes, la partie “clandestine” de l’Eglise catholique en Chine a déploré un certain nombre d’incidents avec la police. Cette année, dans au moins trois provinces du pays, de tels incidents se sont produits, se traduisant par des arrestations, des harcèlements ou des surveillances rapprochées.


Hongkong : devant le Legco, Mgr Joseph Zen Ze-kiun, évêque catholique de Hongkong, a haussé le ton pour dire son opposition résolue au projet de loi sur la Sécurité nationale


Le 3 mai dernier, le P. Louis Ha Ke-loon, directeur du Bureau des communications sociales du diocèse catholique de Hongkong, a lu devant la Commission des lois du Legco, le parlement de Hongkong, une lettre de Mgr Joseph Zen Ze-kiun, son évêque, en déplacement ce jour-là en Allemagne (1). Dans ce court texte adressé à tous les députés du Legco (Legislative Council) et au chef de l’exécutif de Hongkong, Tung Chee-hwa, Mgr Zen a, en des termes très fermes, accusé les autorités de Hongkong et leurs alliés politiques dans la Région administrative spéciale (RAS) de chercher à éviter tout débat public digne de ce nom au sujet du projet de loi sur la Sécurité nationale. Il a accusé les responsables politiques de Hongkong de profiter du fait que l’attention des Hongkongais est concentrée sur l’épidémie de pneumopathie atypique pour faire passer en catimini le texte de loi controversé.


Des spécialistes de l’Eglise en Chine estiment que celle-ci est plus menacée, à terme, par la sécu-larisation et la modernisation de la société que par le contrôle exercé par le Parti communiste


Réunis à Hongkong, des spécialistes de l’Eglise catholique en Chine ont exprimé l’opinion que l’ave-nir de l’Eglise en Chine continentale est, à terme, plus menacé par la sécularisation et la modernisation de la société que par le contrôle exercé par le Parti communiste. L’un d’entre eux, le P. Gianni Criveller, PIME, chercheur au Centre d’études du Saint Esprit, du diocèse de Hongkong, a déclaré que le contrôle du gouvernement sur l’Eglise et l’usage que les autorités font de la religion pour servir les intérêts du Parti communiste n’ont pas véritablement changé au cours de ces vingt dernières années, mais ce qui a changé, c’est la société chinoise. Selon le prêtre italien, les formidables changements intervenus dans la société durant cette période posent un défi très sérieux à la formation des agents pastoraux de l’Eglise, en particulier des jeunes prêtres et des religieuses. Le P. Criveller intervenait le 2 mars dernier devant deux cents personnes à l’occasion d’un séminaire intitulé “La liberté religieuse en Chine organisé par la Commission ‘Justice et paix’ du diocèse de Hongkong dans le but de sensibiliser les catholiques de Hongkong à la situation de l’Eglise catholique en Chine continentale.


L’évêque “officiel” du diocèse catholique de Pékin appelle l’évêque catholique de Hongkong à ne pas mêler politique et religion


En marge de l’Assemblée nationale populaire (ANP), réunie ces derniers jours en session dans la capitale chinoise, Mgr Michael Fu Tieshan, évêque “officiel” du diocèse catholique de Pékin, président de l’Association patriotique des catholiques chinois et député à l’ANP, a été interrogé le 7 mars par la presse au sujet des déclarations récentes de Mgr Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hongkong. On se souvient que Mgr Zen s’est montré très critique envers les responsables politiques de Hongkong sur différents dossiers et, dernièrement, sur le projet de loi anti-subversion, projet de loi potentiellement liberticide et préparé en vertu des dispositions de l’article 23 de la Loi fondamentale, texte faisant office de Constitution à la Région administrative spéciale de Hongkong (1). Dans sa réponse, Mgr Michael Fu a déclaré : “Peu importe l’importance de sa fonction, un membre du clergé doit rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ajoutant qu’il “n’est pas correct de blâmer une seule de ces deux parties”.


Des catholiques s’inquiètent de la pauvreté des campagnes et de l’écart grandissant des revenus entre citadins et ruraux


Devant l’Assemblée nationale populaire, réunie en session du 5 au 18 mars derniers, le Premier ministre sortant, Zhu Rongji, a exprimé des regrets face au peu de progrès réalisés dans l’élévation du niveau de vie des paysans pauvres durant les cinq années où il a dirigé le gouvernement chinois. Il a exprimé le souhait que la nouvelle équipe aux affaires mette tout en ouvre pour éliminer la pauvreté des zones rurales d’ici à 2020. En écho aux propos des hauts dirigeants chinois et interrogés par l’agence d’information catholique Ucanews, des catholiques de différentes régions de Chine ont décrit les conditions de vie d’une grande partie des 800 millions de Chinois qui vivent en zone rurale (1).


L’officielle Association islamique de Chine dénonce la guerre en Irak, exprime sa solidarité avec le peuple irakien et appelle les musulmans de Chine au calme


Le 22 mars dernier, l’Association islamique de Chine, organisation officielle mise en place par le pouvoir à l’instar de l’Association patriotique des catholiques chinois pour la religion catholique, a publié un communiqué par lequel elle dénonce la guerre déclenchée par les Etats-Unis en Irak et exprime son souci pour le peuple irakien. Elle souligne aussi son soutien à la position du gouvernement chinois à ce sujet, condamnant en termes fermes une guerre menée sans l’appui des Nations Unies et en dépit de vives protestations aussi bien dans le monde qu’au sein du peuple américain. L’Association affirme également que l’islam est une religion pacifique et que les quelque vingt millions de musulmans chinois désirent la paix. “Les musulmans dans notre pays soutiennent la bonne tradition d’amour du pays, de la religion et de la paix peut-on notamment lire dans le communiqué.


Hongkong : l’épidémie de pneumopathie atypique entraîne une réorganisation temporaire du service catholique de visite aux malades dans les hôpitaux


L’épidémie de pneumopathie atypique (baptisée du nom de Syndrome respiratoire aigu sévère) qui a fait quatorze victimes en un mois de par le monde et dont Hongkong paraît être l’épicentre avec treize morts et 620 cas avérés (à la date du 30 mars dernier), a, temporairement, entraîné une réorganisation du service de visite aux malades hospitalisés que l’Eglise catholique propose à Hongkong. Karl Tsang Fan-hsing, diacre et membre de la Commission diocésaine pour la pastorale de la santé en milieu hospitalier, a déclaré que la Commission avait recommandé, pour des raisons de sécurité, à tous les visiteurs bénévoles, au nombre de quarante, qui se rendent habituellement dans les hôpitaux du territoire de cesser leurs visites à compter du 17 mars 2003. Selon le Kung Pao Po du 23 mars, l’hebdomadaire en langue chinoise du diocèse, un visiteur d’hôpital bénévole a contracté le virus de la maladie et est depuis hospitalisé. Les trente visiteurs permanents ont, quant à eux, reçu pour consigne de poursuivre leurs visites aux patients et aux membres de leur famille, mais uniquement à la demande de ces derniers et tout en respectant scrupuleusement les mesures de sécurité mises en place dans chacun des vingt-sept établissements hospitaliers, publics ou privés, de Hongkong où ils interviennent habituellement.


Hongkong : les Eglises chrétiennes dénoncent les réductions de l’aide sociale aux personnes âgées décidées par le gouvernement


La décision prise au mois de février dernier par le gouvernement de Hongkong de réduire l’aide sociale destinée aux personnes âgées a soulevé les vives protestations des Eglises chrétiennes du territoire. Le 9 mars dernier, la Commission ‘Justice et paix’ et la Commission pour le Travail du diocèse catholique de Hongkong ainsi que le groupe protestant Mission to New Arrivals ont remis une pétition à des députés du Legco, le mini-parlement local, pour demander une révision de la décision gouvernementale. Signée par vingt-huit organisations catholiques et protestantes, la pétition demande aux autorités de ne pas chercher à réduire le déficit budgétaire actuel en s’en prenant aux plus faibles et aux plus démunis de la société hongkongaise.


L’importance du taux de suicide en Chine, en particulier parmi les jeunes et les femmes, inquiète


Selon une étude du Centre de recherche et de prévention du suicide, rattaché à l’hôpital psychiatrique Huilongguan de Pékin, 287 000 personnes se sont donné la mort en 2001 en Chine et plus de deux millions ont fait une tentative de suicide. Rapporté à la taille de la population du pays, le taux de suicide par habitant est 2,3 fois plus élevé en Chine que le taux moyen mondial. Toujours selon cette étude, la Chine se distingue par le fait qu’elle est le seul pays de la planète où les femmes se suicident plus que les hommes : en moyenne, le taux de suicide chez les femmes est de 25 % plus élevé que le taux masculin. Au total, si le suicide constitue la cinquième cause de mortalité en Chine, il représente le premier facteur de mortalité au sein de la classe d’âge des 15-34 ans.


Sichuan : l’ancienne cathédrale devant être détruite pour cause de construction du barrage des Trois Gorges, la nouvelle cathédrale du diocèse de Wanzhou (Wanxian) a été inaugurée


Le 8 décembre dernier, en présence de plus de 4 000 catholiques, d’une vingtaine de prêtres, de visiteurs étrangers et d’officiels locaux, Mgr Joseph Xu Zhixuan, évêque “officiel” de Wanzhou (Wanxian), dans la province du Sichuan, a inauguré la cathédrale de l’Immaculée Conception. La cérémonie a marqué la fin du programme de reconstruction des six églises du diocèse condamnées à la destruction du fait de l’édification du gigantesque barrage des Trois Gorges, sur le fleuve Yangtze, et de la montée consécutive des eaux derrière la retenue de béton. Au lendemain de la messe inaugurale, l’évêque, âgé de 86 ans, a dit son soulagement à l’achèvement de ce programme de reconstruction. Durant dix ans, il a eu à gérer des problèmes de financement et de construction, chaque phase des travaux étant l’occasion de négociations difficiles avec les autorités civiles (1).