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Hongkong : le bureau de représentation de Pékin à Hongkong refuse de recevoir une délégation catholique soucieuse de voir reconnus les droits et besoins des malades du sida sur le continent

18 mars 2010
Le 1er décembre dernier, journée mondiale d’action sur le sida, une délégation de la Commission Justice et paix’ du diocèse catholique de Hongkong s’est rendue devant les locaux du Bureau de liaison du gouvernement central de la République populaire de Chine, organe servant de représentation officielle de Pékin dans le territoire de la SAR (Special Administrative Region). Là, devant les grilles du bâtiment, Or Yan-yan, chef de la délégation, a lu une lettre ouverte aux autorités chinoises demandant la reconnaissance par la Chine des droits et de la dignité des malades du sida en Chine. Une fois la lettre lue, les membres de la délégation n’ont pu la remettre aux fonctionnaires du Bureau de liaison et ont trouvé porte close. “Lorsque nous avons demandé à être reçus, les gardes ont repoussé certains d’entre nous en dehors des grilles, rapporte Or Yan-yan. Si bien qu’à la fin, nous avons déchiré la lettre car nous estimons que le Bureau de liaison a perdu sa raison d’être qui est de transmettre les opinions des Hongkongais. Il est inutile de discuter avec ces gens.”


ET LE SIDA FINIT PAR ARRIVER EN CHINE.


C’est l’affaire d’une tromperie qui pourrait coûter la vie à des millions de Chinois. Pendant des années, les autorités du pays ont démenti que leur pays connaissait un problème lié au sida, rejetant, voire niant, les signes de plus en plus nombreux indiquant que ce virus mortel était devenu une menace très sérieuse pour la santé publique de la nation la plus peuplée du monde. Et puis, soudain, le changement a été complet. En juin dernier, la Chine a estimé que 600 000 de ses citoyens étaient infectés par le HIV (Human Immunodeficiency Virus), le virus qui est la cause du sida. Depuis cette date, les autorités ont agi avec célérité : au mois d’août dernier, elles ont annoncé la mise en place d’un plan d’action et une augmentation significative des crédits pour tenter de stopper la propagation de la maladie. Les Nations Unies ont averti que l’infection pourrait toucher 20 millions de Chinois d’ici à 2010.


A PROPOS DES ORIGINES DE L’HISTOIRE DU CHRISTIANISME EN CHINE


Ces derniers temps, de nouvelles découvertes et de nouvelles interprétations au sujet des premiers contacts de la religion chrétienne avec le monde chinois ont suscité l’intérêt du public. A Hongkong, le quotidien de langue anglaise South China Morning Post y a consacré deux articles d’une certaine importance : “China’s Christian Past” (3 novembre 2000) et “Crossroads of Faith” (27 février 2001). En Italie, un jeune chercheur, Matteo Nicolini Zani, a publié une nouvelle traduction du texte de la stèle de Xi’an. Nicolas Standaert, certainement l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire de l’Eglise catholique en Chine, a consacré 110 pages de son Handbook of Christianity in China (Tome I) au christianisme sous les dynasties des Tang (618-907) et des Yuan (1206-1368). Martin Palmer, chercheur anglais et directeur de of Religions and Conservation, propose une remarquable étude intitulée Les Soutras de Jésus, qui débute par la “découverte” d’une pagode, vieille de plus de 1 300 ans et caractérisée par son passé chrétien. La pagode, connue sous le nom de Da Qin, est située non loin de Xi’an, dans la province du Shaanxi, exactement là où l’épopée chrétienne en Chine a commencée, en 635.


Selon certains observateurs de l’Eglise en Chine, les autorités chinoises ne sont pas prêtes à fournir une réponse à la hauteur de la demande de pardon offerte par le pape Jean-Paul II


Selon certains spécialistes des questions relatives à l’Eglise catholique en Chine, la réponse que les autorités chinoises ont pour le moment donnée à la demande de pardon offerte par le pape Jean-Paul II à l’occasion de son discours pour le 400e anniversaire de l’arrivée du jésuite Matteo Ricci à Pékin (1) témoigne de l’incapacité des dirigeants actuels de la République populaire de Chine à se placer à la hauteur du geste du pape. Dès le 25 octobre, au lendemain du discours de Jean-Paul II, Sun Yuxi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, tout en déclarant que son gouvernement avait besoin de temps pour examiner le texte, réitérait les conditions exigées par la Chine depuis des années pour la normalisation de ses relations avec le Vatican : rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taiwan et non-ingérence du Vatican dans les affaires religieuses intérieures de la Chine. Cinq jours plus tard, le même porte-parole a ajouté à ces deux traditionnelles conditions une remarque supplémentaire. Selon lui, les excuses de Jean-Paul II sont un geste positif mais insuffisant car le pape n’a pas demandé pardon pour les canonisations du 1er octobre dernier (2), ce qui “heurte les sentiments du peuple chinois”. Interrogé sur le fait de savoir si la Chine demandait des excuses pour ces canonisations et en faisait une troisième condition à la normalisation de ses relations avec le Saint-Siège, Sun Yuxi s’est contenté de répondre que cette question était devenue un obstacle et que le Vatican “savait pertinemment ce qui devait être fait (pour améliorer les relations) ».


Zhejiang : pour la troisième fois en 18 mois, les autorités ont fait procéder à la destruction de l’église que les catholiques “clandestins” du village de Linjiayuan ont jusqu’ici toujours rebâtie


Dans le sud de la province du Zhejiang, les catholiques “clandestins” du village de Linjiayuan, situé dans le district de Cangnan, n’en finissent pas de donner du fil à retordre aux autorités locales (1). Pour la troisième fois en dix-huit mois, celles-ci ont fait procéder, le 25 octobre dernier, à la destruction de l’église du village. Selon un catholique de Linjiayuan, où 500 familles catholiques représentent environ 70 % de la population du village, “les autorités nous ont dit que si nous nous décidions à rejoindre l’Association patriotique locale, notre église ne serait plus détruite”. Précisant que la communauté catholique de Linjiayuan était très en colère, il a ajouté que “bien entendu” il avait été décidé de ne pas adhérer à l’association, synonyme d’appartenance à la partie “officielle” de l’Eglise catholique en Chine.


A une délégation de croyants de Hongkong, le directeur du Bureau des Affaires religieuses déclare que la querelle au sujet de la canonisation des saints de Chine est “une affaire du passé”


A une délégation de 24 croyants représentant les six principales religions présentes à Hongkong, en visite à Pékin et à Shanghai des 9 au 14 juillet derniers, Ye Xiaowen, directeur du Bureau des Affaires religieuses, a déclaré que la querelle entre le Vatican et Pékin au sujet de la canonisation de 120 martyrs de l’Eglise en Chine était désormais “une affaire du passé”. Des responsables de ce Bureau, directement rattaché à l’exécutif chinois, se sont contentés de préciser que la liste des personnes canonisées aurait dû être communiquée avant la cérémonie par le Vatican aux autorités chinoises. On se souvient qu’à l’occasion de la canonisation de ces 120 martyrs le 1er octobre 2000 à Rome, fête de Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, et jour de la fête nationale de la République populaire de Chine, les relations entre le Saint-Siège et la Chine avaient connu une crise, les dirigeants chinois se montrant furieux tant de la date retenue pour la cérémonie que de l’événement lui-même (1).


Selon l’agence Ucanews, il n’y a pas lieu de penser que la Chine populaire et le Vatican sont proches d’un accord au sujet de l’établissement de relations diplomatiques


Un article paru dans la Far Eastern Economic Review daté du 4 octobre dernier a lancé l’information (1). Intitulé “In Communion”, l’article annonçait que la Chine populaire et le Vatican allaient dans un proche avenir établir des relations diplomatiques, sans doute dans le courant du mois d’octobre. Mais, le 10 octobre, on pouvait lire dans une dépêche de l’agence Ucanews (2), citant des “sources proches du Vatican”, que cette rumeur était “sans fondement” et que les récents articles de presse annonçant qu’un cap avait été franchi dans la longue et sinueuse histoire des négociations entre la Chine populaire et le Saint-Siège étaient “pure invention”.


Les données biographiques de 2 000 catholiques morts en Chine au cours du XXe siècle en témoins de la foi ont été transmises au Saint-Siège via l’Eglise catholique de Taiwan


En réponse à l’appel du pape Jean-Paul II lancé lors du Jubilé de l’an 2000 et visant à honorer les “nouveaux martyrs”, les données biographiques de 2 000 catholiques morts pour leur foi en Chine au cours du siècle dernier ont été récemment envoyées au Saint-Siège. Ces informations ont été transmises à Rome par la Commission pour la canonisation des saints et martyrs de Chine, commission rattachée à la Conférence des évêques catholiques de Taiwan et présidée par Mgr Joseph Wang Yu-jung, évêque de Taichung (Taiwan). Selon Mgr Wang, ce sont des catholiques de Taiwan et de Chine populaire ainsi que des membres de différentes congrégations religieuses qui se sont chargés du travail de compilation et de vérification des informations au sujet des Chinois et des missionnaires étrangers, clergé et laïcs confondus, morts en “martyrs” tout au long du XXe siècle.


LES TRAVAILLEURS ESCLAVES L’esclavage a fait sa réapparition en Chine alors que le nombre des migrants augmente. Pékin apparaît peu disposé et incapable d’empêcher ce phénomène


La cheminée sombre du village des Quatre Côtés est visible de loin derrière un rideau d’arbres et se détache nettement au milieu des champs où ondule le blé dans cette partie de la province du Hebei. Pour l’observateur moyen, il s’agit simplement d’une autre misérable et sale usine de la campagne chinoise produisant des briques en grand nombre pour répondre au boom de la construction dans le pays. Mais, durant plus d’une année, ce hameau noirci par les fumées de charbon a été le lieu où ont vécu et travaillé 27 hommes, retenus là en esclaves, non payés et incapables de fuir. Ils ont été attirés depuis une gare voisine, endormie et située à proximité du chef-lieu du district de Dingzhou, après avoir voyagé pendant des jours en train et en bus venant de provinces intérieures encore plus pauvres.


Le pape Jean-Paul II a demandé pardon pour les “erreurs” commises par l’Eglise catholique en Chine et appelé à la normalisation des rapports entre la Chine et le Saint-Siège


Après deux colloques organisés au mois d’octobre 2001, l’un à Pékin (1), l’autre à Hongkong, à propos de Matteo Ricci à l’occasion du 400e anniversaire de l’arrivée du jésuite italien à Pékin, le colloque qui s’est tenu à Rome les 24 et 25 octobre derniers a été le prétexte pour le pape Jean-Paul II de faire un geste d’ouverture envers la Chine populaire et de relancer les spéculations au sujet d’une éventuelle normalisation prochaine des rapports entre la Chine et le Saint-Siège.